Enquête américaine – Jour 3 – Partie 2

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Témoignage de Joseph Groves Boxhall.

     Le témoin a prêté serment au président.
     Sénateur SMITH.  Où vivez-vous ?
     Mr. BOXHALL.  Hull, Angleterre.
     Sénateur SMITH.  Quelle est votre profession ?
     Mr. BOXHALL.  Marin.
     Sénateur SMITH.  Quel âge avez-vous ?
     Mr. BOXHALL.  Vingt-huit ans.
     Sénateur SMITH.  Quelle expérience avez-vous dans votre profession maritime ?
     Mr. BOXHALL.  Treize ans d’expérience en mer.
     Sénateur SMITH.  En quoi a consisté votre expérience ?
     Mr. BOXHALL.  Les quatre premières années comme apprenti et le reste du temps comme officier.
     Sénateur SMITH.  Sur quels navires ?
     Mr. BOXHALL.  J’ai servi chez William Thomas à Liverpool, puis ai été officier pour la Wilson Line de Hull ; et après ça, pour la White Star Line.
     Sénateur SMITH.  Combien de temps avez-vous été avec la White Star Line ?
     Mr. BOXHALL.  Cinq ans en novembre prochain.
     Sénateur SMITH.  En quelle qualité avez-vous servi ?
     Mr. BOXHALL.  Comme officier junior.
     Sénateur SMITH.  Tout le temps ?
     Mr. BOXHALL.  Tout le temps pour la White Star Line.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous été spécialement formé pour le service en mer avant d’être employé par les compagnies que vous avez citées ?
     Mr. BOXHALL.  Oui. J’ai fait 12 mois d’entraînement dans une école de navigation.
     Sénateur SMITH.  Où ?
     Mr. BOXHALL.  À Hull, en Angleterre.
     Sénateur SMITH.  En quoi consistait cet entraînement ?
     Mr. BOXHALL.  Navigation et astronomie nautique.
     Sénateur SMITH.  S’il vous plait, expliquez pour l’information du comité quelles positions vous avez occupées pour la White Star Line. S’il vous plait, énoncez-les encore.
     Mr. BOXHALL.  Comme officier junior, avec grade de cinquième et sixième officier, puis troisième officier ; et ensuite quatrième officier sur le dernier navire.
     Sénateur SMITH.  Dites au comité, pour que notre procès-verbal soit complet, les fonctions que vous avez occupées dans chacun de ces différents emplois.
     Mr. BOXHALL.  Assister de façon générale l’officier senior de quart en toutes circonstances.
     Sénateur SMITH.  Quand cette mission vous a-t-elle été assignée ?
     Mr. BOXHALL.  Quand le Titanic a quitté le Belfast Lough. Sa mission est assignée à un homme quand il est assigné à son navire, et il progresse avec. Il apprend les différentes missions qu’il doit accomplir selon son rang à bord du navire.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous rejoint le navire au Belfast Lough ?
     Mr. BOXHALL.  Oui ; à Belfast.
     Sénateur SMITH.  Vous étiez à bord quand les essais en mer ont été faits ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Pouvez-vous dire au comité en quoi ces essais consistaient ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Pourquoi ?
     Mr. BOXHALL.  Car je ne sais pas à quoi servaient ces tests. Il y avait des hommes des constructeurs à bord, et j’étais juste là pour assurer la veille et faire ce qu’on me disait.
     Sénateur SMITH.  Étiez-vous à bord durant les manœuvres de ce navire sur le Belfast Lough?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Sur quel pont ?
     Mr. BOXHALL.  Sur le pont de la passerelle.
     Sénateur SMITH.  Sur la passerelle ?
     Mr. BOXHALL.  Quand j’étais en service ; oui.
     Sénateur SMITH.  Savez-vous combien de temps a été passé sur ces manœuvres, les virages et la course droite, le jour où ces tests ont été faits ?
     Mr. BOXHALL.  Je peux vous le dire, approximativement.
     Sénateur SMITH.  Faites.
     Mr. BOXHALL.  Nous avons quitté Belfast vers midi, et nous avons navigué –
     Sénateur SMITH.  Quel jour ?
     Mr. BOXHALL.  J’ai oublié la date.
     Sénateur SMITH.  Le 4 avril, ou le 5 ou 6 avril ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne sais pas, monsieur. Je vous le dirais si je savais.
     Sénateur SMITH.  Ou le jour de la semaine ?
     Mr. BOXHALL.  C’était le mardi.
     Sénateur SMITH.  Poursuivez.
     Mr. BOXHALL.  Et nous avons navigué jusque vers entre 19 et 20 heures cette nuit-là. Nous avons finalement quitté Belfast à 8 heures du soir.
     Sénateur SMITH.  Vers où vous dirigiez-vous ?
     Mr. BOXHALL.  Vers Southampton.
     Sénateur SMITH.  À quelle heure avez-vous atteint Southampton ?
     Mr. BOXHALL.  Jeudi vers minuit.
     Sénateur SMITH.  Quelles étaient les conditions météorologiques durant votre voyage de Belfast à Southampton ?
     Mr. BOXHALL.  Le temps était beau jusque vers 2 heures du matin.
     Sénateur SMITH.  De quel jour ?
     Mr. BOXHALL.  Jeudi ; je veux dire mercredi matin, jusque vers 2 heures. Je veux corriger ça.
     Sénateur SMITH.  Que s’est-il passé alors ; je veux dire, comment distinguiez-vous le changement de conditions météo ?
     Mr. BOXHALL.  Quand j’ai pris mon service à quatre heures du matin il y avait du brouillard.
     Sénateur SMITH.  Y avait-il de la houle ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; il n’y avait pratiquement pas de houle, et un peu de vent.
     Sénateur SMITH.  Et quand vous dites que le temps n’était pas bon vous dites qu’il y avait du brouillard ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Tout du long ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; il s’est levé vers 6 heures du matin.
     Sénateur SMITH.  Quand vous êtes arrivé à quatre heures il y avait du brouillard ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Et le brouillard s’est levé vers 6 heures ?
     Mr. BOXHALL.  Vers 6 heures.
     Sénateur SMITH.  Et vous êtes allé jusqu’à Southampton sans aucun changement de la météo ?
     Mr. BOXHALL.  Oui ; sans aucun changement de la météo.
     Sénateur SMITH.  Et l’eau, la mer –
     Mr. BOXHALL.  Elle était calme tout du long.
     Sénateur SMITH.  Qu’avez-vous fait quand vous avez atteint Southampton ?
     Mr. BOXHALL.  J’ai tenu mon quart habituel sur le navire. Je ne me souviens vraiment pas de quel quart j’ai tenu jusqu’au moment de la traversée.
     Sénateur SMITH.  Vous n’avez pas quitté le navire ?
     Mr. BOXHALL.  Oh, si ; oh, si.
     Sénateur SMITH.  Où êtes-vous allé quand vous avez quitté le navire ?
     Mr. BOXHALL.  Eh bien, je suis allé faire un tour en ville. Je suis allé à terre.
     Sénateur SMITH.  Après votre quart ?
     Mr. BOXHALL.  Quand mon quart était terminé.       
     Sénateur SMITH.  Et quand êtes-vous retourné sur le Titanic, en prenant pour référence l’heure du départ ?
     Mr. BOXHALL.  La dernière fois que j’étais à terre je suis revenu la nuit précédant la traversée, vers 23 heures, je suppose.
     Sénateur SMITH.  Y avait-il d’autres gens avec vous à ce moment ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; je ne le pense pas.
     Sénateur SMITH.  D’autres officiers ou membres d’équipage ?
     Mr. BOXHALL.  Non.
     Sénateur SMITH.  En accomplissant votre fonction en étant à Southampton avez-vous eu autorité sur des hommes ; et si c’est le cas, sur qui ?
     Mr. BOXHALL.  Quand j’étais en service à bord du navire en étant à Southampton durant la journée il y avait toujours un officier senior avec moi ; donc toute question posée pouvait avoir une réponse de lui, ou si quoi que ce soit était découvert je me référais à lui, l’officier senior. À la nuit tombée les deux officiers junior étaient en charge du navire, avec des hommes de quart avec eux.
     Sénateur SMITH.  Vous dites qu’il y avait toujours un officier senior en fonction ?
     Mr. BOXHALL.  Et un officier junior, au port.
     Sénateur SMITH.  Mais vous ne donniez pas d’ordres –
     Mr. BOXHALL.  Non.
     Sénateur SMITH.  Parce qu’il y avait des officiers senior à bord tout le temps jusqu’au moment de la traversée ? Qui étaient ces officiers ?
     Mr. BOXHALL.  Parfois le premier, parfois le chef, et parfois le second.
     Sénateur SMITH.  Qui était le premier officier ?
     Mr. BOXHALL.  Mr. Lightoller était le premier officier jusqu’au jour précédant le départ du navire.
     Sénateur SMITH.  Qui est devenu le premier officier, alors ?
     Mr. BOXHALL.  Mr. Murdoch.
     Sénateur SMITH.  Avait-il était premier officier avant ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur ; il était chef officier.
     Sénateur SMITH.  Mais, il a remplacé Mr. Lightoller la nuit avant le départ ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Au moment du départ, Mr. Murdoch était premier officier ?
     Mr. BOXHALL.  C’est cela.
     Sénateur SMITH.  Quelles étaient ses fonctions ?
     Mr. BOXHALL.  Ses fonctions étaient, comme officier de quart, de tenir une veille sur le navire et de vérifier que les officiers junior faisaient ce qu’ils devaient pour appliquer les ordres du capitaine.
     Sénateur SMITH.  Est-ce qu’il était de sa responsabilité de conduire des exercices et inspections ?
     Mr. BOXHALL.  Non. Le capitaine organisait tous les exercices et les inspections.
     Sénateur SMITH.  Y a-t-il eu des exercices ou des inspections à votre connaissance, à partir du moment où le navire a accosté à Southampton jusqu’au départ ?
     Mr. BOXHALL.  Oui ; il y a eu des inspections et exercices le matin du départ.
     Sénateur SMITH.  En quoi cela consistait-il ?
     Mr. BOXHALL.  L’équipage a été rassemblé et quand l’appel a été fait les canots ont été affalés en présence des inspecteurs du Board of Trade.
     Sénateur SMITH.  Quand vous dites « canots », vous parlez des canots de sauvetage ?
     Mr. BOXHALL.  Les canots de sauvetage ont été affalés en présence des inspecteurs du Board of Trade.
     Sénateur SMITH.  Ceci s’est passé le jour du départ ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur ; une heure ou deux avant le départ.
     Sénateur SMITH.  Pouvez-vous vous souvenir qui était présent à cette inspection ?
     Mr. BOXHALL.  Le capitaine, tous les officiers, le superintendant de marine, et les inspecteurs du Board of Trade, et le médecin du Board of Trade.
     Sénateur SMITH.  Y avait-il quelqu’un d’autre de présent ?
     Mr. BOXHALL.  Pas que je sache – pas un officiel.
     Sénateur SMITH.  Y avait-il d’autres cadres ou directeurs de la compagnie présents en plus de ceux que vous avez cités ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne pourrais dire ; je ne me souviens pas.
     Sénateur SMITH.  Mr. Ismay était-il présent ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne me souviens pas.
     Sénateur SMITH.  Tous les canots ont-ils été affalés ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Pourquoi pas ?
     Mr. BOXHALL.  Parce qu’ils n’ont pas besoin que tous les canots soient affalés, pour autant que je sache.
     Sénateur SMITH.  Les réglementations ne le nécessitent pas ? Combien de canots ont-ils été affalés ?
     Mr. BOXHALL.  Deux canots ont été affalés, je crois.
     Sénateur SMITH.  Un de chaque côté ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; ils ne pouvaient pas les affaler de chaque côté. Le navire était aligné le long du quai.
     Sénateur SMITH.  Donc ils ont été affalés d’un côté ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Quel côté, tribord ou bâbord ?
     Mr. BOXHALL.  Du côté tribord.
     Sénateur SMITH.  Pouvez-vous donner les numéros de ces canots ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne peux pas.
     Sénateur SMITH.  Quand on a affalé ces canots, est-ce que le matériel marchait de façon satisfaisante ?
     Mr. BOXHALL.  Pour autant que je le sache. Je n’étais pas là quand ils ont été affalés.
     Sénateur SMITH.  Vous n’étiez pas là ?
     Mr. BOXHALL.  Non, j’étais à un autre endroit du navire.
     Sénateur SMITH.  Et vous ne les avez pas vu vous-même être affalés ?
     Mr. BOXHALL.  Je les ai vus dans l’eau, mais je n’étais pas vraiment sur place quand ils ont été affalés.
     Sénateur SMITH.  Pour affaler les canots, pouvez-vous juste nous dire ce qui devait être fait.
     Mr. BOXHALL.  D’abord le canot doit être dégagé. Une fois que les canots ont été dégagés, les cales sont enlevées, ou déplacées par des mécanismes, et le canot est suspendu, libre. Ensuite, les bossoirs sont abaissés et le canot suspendu au-dessus du flanc du navire, tout prêt pour être affalé.
     Sénateur SMITH.  En supposant que ces canots soient sur le pont des embarcations, à quelle distance pouvaient-ils être basculés avant d’atteindre leur position adaptée à l’affalement ?
     Mr. BOXHALL.  Assez loin pour dépasser le flanc du navire, directement en dessous, et  permettre au canot de toucher l’eau.
     Sénateur SMITH.  Le pont des embarcations ou sun deck est plus étroit que les pont A ou B ; n’est-ce pas ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; oh, non.
     Sénateur SMITH.  Pas plus étroit ?
     Mr. BOXHALL.  Pas plus étroit. Je n’ai jamais remarqué qu’il était plus étroit.
     Sénateur SMITH.  La même largeur ?
     Mr. BOXHALL.  Oui ; il me semble tout à fait qu’ils étaient de la même largeur.
     Sénateur SMITH.  Mais ces canots sont basculés –
     Mr. BOXHALL.  Totalement au-delà du flanc du navire.
     Sénateur SMITH.  Totalement au-delà du flanc du navire – à quelle distance ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne pourrais dire à quelle distance.
     Sénateur SMITH.  Avant qu’on les bascule, sont-ils censés être occupés ?
     Mr. BOXHALL.  Non.
     Sénateur SMITH.  En cas de problème ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; oh, non.
     Sénateur SMITH.  Une fois qu’ils sont basculés, ils sont censés être chargés depuis le pont des embarcations ?
     Mr. BOXHALL.  C’est selon les avis.
     Sénateur SMITH.  Si c’est possible et à toutes choses égales, c’est la procédure habituelle ?
     Mr. BOXHALL.  Oui ; je pense que ça l’est.
     Sénateur SMITH.  En d’autres termes, ils ne sont pas suspendus, puis descendus aux ponts inférieurs et ensuite remplis ?
     Mr. BOXHALL.  On abaisse toujours le canot au niveau du bastingage ou au niveau du pont, pour que les gens puissent y embarquer.
     Sénateur SMITH.  Oui ; mais au niveau du pont où il a été basculé ?
     Mr. BOXHALL.  Où il a été basculé.
     Sénateur SMITH.  De sorte que le pont supérieur ou pont des embarcations est vraiment le pont de chargement des canots de sauvetage dans des circonstances ordinaires ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous dit si les canots que vous avez vus descendus ont été descendus rapidement et sans aucune interférence ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne les ai pas vus être descendus. Je les ai vus quand ils étaient dans l’eau.
     Sénateur SMITH.  Les avez-vous vus quand ils ont été ramenés sur le pont ?
     Mr. BOXHALL.  Je les ai vus ensuite pendant le voyage. Je n’étais pas dans les environs quand ils ont été remontés.
     Sénateur SMITH.  Vous ne les avez pas vus quand ils ont été remontés sur le pont ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Et vous ne les avez pas vus être descendus ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; je ne les ai pas vus être descendus.
     Sénateur SMITH.  Quel était l’officier de quart ce jour-là ?
     Mr. BOXHALL.  Tous les officiers étaient en service.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous vu Mr. Murdock à ce moment ?
     Mr. BOXHALL.  Oui ; et Mr. Wilde, le chef officier.
     Sénateur SMITH.  Y avait-il des canots du Titanic qui n’étaient pas sécurisés dans une position permettant de les affaler de la manière ordinaire avec cet équipement ?
     Mr. BOXHALL.  Tous les canots du Titanic m’ont semblé être en très bonne position pour être affalés.
     Sénateur SMITH.  Combien y en avait-il ?
     Mr. BOXHALL.  Il y avait 14 canots de sauvetage, 2 canots de mer, et 4 canots pliants.
     Sénateur SMITH.  Les canots de sauvetage étaient en position ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Avaient-ils l’air neuf ?
     Mr. BOXHALL.  Ils étaient neufs.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous relevé si le nom Titanic était sur chaque canot ?
     Mr. BOXHALL.  Oui ; sur chaque canot. Je n’en jurerais pas pour les canots pliants.
     Sénateur SMITH.  Quels sont les trois types de canots que vous venez d’énoncer ?
     Mr. BOXHALL.  D’abord, les canots de sauvetage ; ensuite les deux canots de mer –
     Sénateur SMITH.  Un moment. Prenez les canots de sauvetage. Étaient-ils en bonne condition ?
     Mr. BOXHALL.  Parfaitement bonne.
     Sénateur SMITH.  Combien de personnes, dans des circonstances ordinaires, pourrait transporter un canot de la taille de ceux que portait le Titanic avec une météo comme celle que vous avez rencontrée ?
     Mr. BOXHALL.  Ils étaient censés emporter 65 personnes.
     Sénateur SMITH.  Pourquoi dites-vous qu’ils étaient censés en transporter 65 ?
     Mr. BOXHALL.  C’est ce que certifie le Board of Trade.
     Sénateur SMITH.  Cela fait partie du certificat du Board of Trade britannique ?
     Mr. BOXHALL.  Je suppose que cela fait partie des réglementations. La capacité cubique est sur les canots.
     Sénateur SMITH.  Combien de sièges y a-t-il dans un canot de ce type ?
     Mr. BOXHALL. Je suis certain que je ne pourrais le dire. Je ne les ai jamais comptés.
     Sénateur SMITH.  Combien y a-t-il d’avirons ?
     Mr. BOXHALL.  J’ai totalement oublié combien d’avirons il y avait, mais il y a toujours deux en supplément ; il y a toujours deux avirons supplémentaires dans le canot.
     Sénateur SMITH.  Ne pouvez-vous pas réfléchir à combien il y en avait ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; je ne peux pas y réfléchir ; car je ne parviens pas à me souvenir de combien de tolets il y avait.
     Sénateur SMITH.  Où étaient les avirons en général ? Sous les bancs ?
     Mr. BOXHALL.  Sur les bancs.
     Sénateur SMITH.  Sur les bancs ; et vous dites qu’il y avait toujours deux avirons supplémentaires ?
     Mr. BOXHALL.  Toujours deux avirons supplémentaires dans les canots.
     Sénateur SMITH.  Mais la totalité, vous n’en savez rien ? Vous ne pouvez pas dire ce qu’il en était ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; je ne peux vraiment pas.
     Sénateur SMITH.  Qu’est-ce qui était également nécessaire dans ces canots, selon les réglementations du Board of Trade britannique ?
     Mr. BOXHALL.  Des gaffes, de l’eau, une citerne, des réserves de pain, des gobelets pour l’eau, de quoi écoper les canots, un mât et une voile, un compas. Je pense que c’est tout.
     Sénateur SMITH.  Des lumières ?
     Mr. BOXHALL.  Oh, oui ; des lumières et une réserve de pétrole. Une lampe et une réserve de pétrole.
     Sénateur SMITH.  Savez-vous si ces équipements nécessaires selon les réglementations du Board of Trade britannique étaient dans chacun des canots comme c’est requis ?
     Mr. BOXHALL.  Tout le matériel était dans les canots quand nous avons quitté Belfast ; je le sais. Tout le matériel était dans les canots, car j’ai fait le tour –
     Sénateur SMITH.  Des provisions et de l’eau ?
     Mr. BOXHALL.  Tout ce que le Board of Trade demande était dans les canots à Belfast.
     Sénateur SMITH.  À Belfast ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Savez-vous si ces provisions étaient dans les canots quand le Titanic a quitté Southampton ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne pourrais le dire. Les provisions y étaient, je le sais, car elles ont été construites avec le canot. Elles sont dans des réserves qui sont construites dans le canot.
     Sénateur SMITH.  Vous parlez ici par votre propre connaissance ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous été dans un de ces canots ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Avant la collision ?
     Mr. BOXHALL.  Pas dans l’eau dans l’un d’entre eux ; je ne suis pas allé dans l’eau avec les canots.
     Sénateur SMITH.  Où étiez-vous dans les canots ?
     Mr. BOXHALL.  À Belfast, j’en ai fait le tour pour vérifier que leur équipement était complet.
     Sénateur SMITH.  Vous avez fait une inspection ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Et vous voulez que le comité comprenne que tout ce qui était requis concernant l’équipement des canots était dedans quand le Titanic a quitté Belfast ?
     Mr. BOXHALL.  Oui ; je ne sais pas ce qu’il en était quand il a quitté Belfast, mais c’était le cas deux à trois jours avant le départ quand je suis allé faire le tour de ces canots et que j’ai constaté que tout l’équipement était complet.
     Sénateur SMITH.  Mr. Boxhall, vous avez décrit il y a un moment la météo entre Belfast et Southampton. Est-ce que la météo a continué à être agréable et la mer imperturbable pendant le voyage depuis Southampton jusqu’au lieu de la catastrophe ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Par un tel temps combien de personnes pourrait transporter en toute sécurité un canot comme ceux que vous avez décrits ?
     Mr. BOXHALL.  Ça, je n’aimerais pas le dire.
     Sénateur SMITH.  Vous ne voudriez pas le dire parce que vous ne le savez pas ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; cela dépend beaucoup des gens qui montent dans les canots.
     Sénateur SMITH.  Et de leur état d’esprit ?
     Mr. BOXHALL.  Et de leur état d’esprit.
     Sénateur SMITH.  En partant du principe qu’ils étaient en grand péril et soumis aux ordres de ceux qui étaient en charge des canots, combien auraient pu être transportés en toute sécurité par ces canots ?
     Mr. BOXHALL.  Je dirais que sous réserve qu’ils fassent ce qu’on leur dit, ils auraient pu en transporter 65, la capacité totale.
     Sénateur SMITH.  Soixante-cinq confortablement ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; la capacité totale, j’ai dit, de 65.
     Sénateur SMITH.  Qu’en est-il des canots pliants ?
     Mr. BOXHALL.  J’en sais très peu au sujet des canots pliants. Je ne sais pas ce qu’ils sont censés contenir.
     Sénateur SMITH.  Vous les avez vus ?
     Mr. BOXHALL.  Je les ai vus ; oui.
     Sénateur SMITH.  Je voudrais que vous décriviez, pour que nous ayons un procès-verbal complet, de quoi ils sont faits, comment ils sont construits.
     Mr. BOXHALL.  La partie inférieure est en bois, et ces canots, quand ils sont chargés, ne me semblent pas avoir beaucoup de franc-bord, à part pour la toile qui est levée avant que ces canots soient affalés.
     Sénateur SMITH.  Est-ce que le cadre est installé dans la toile, ou la toile dans le cadre ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; c’est le fond du canot, et c’est un canot plutôt peu profond avec une toile qui en remonte et forme une protection autour des gens assis dans le canot.
     Sénateur SMITH.  À partir de quel endroit dans la constitution du canot est-ce que cette toile vient, de la partie supérieure ?
     Mr. BOXHALL.  Oui ; je pense qu’elle forme la partie supérieure, de ce dont je me souviens d’eux. Je ne suis jamais allé dans l’un d’eux.
     Sénateur SMITH.  Mais la toile n’a pas pour but de faire flotter le canot ?
     Mr. BOXHALL.  Oh, non ; oh, non.
     Sénateur SMITH.  Comment diffèrent-ils des canots concernant la sécurité et la solidité ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne comprends pas vraiment ce que vous voulez dire.
     Sénateur SMITH.  Considérez-vous les canots pliants comme aussi sûrs, bien construits et adaptés qu’un canot ordinaire pour les buts ordinaires pour lesquels ils sont prévus ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne pense pas qu’ils supporteraient autant d’agitation qu’un canot. Je ne sais pas comment ils se comporteraient par forte mer.
     Sénateur SMITH.  Pensez-vous qu’ils sont aussi bien adaptés pour résister à la mer ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; je ne pense pas.
     Sénateur SMITH.  Donc, selon votre jugement, ils ne répondent pas exactement aux mêmes objectifs et besoins que les canots de sauvetage ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne peux le dire par expérience, mais je ne pense pas qu’ils tiendraient à la mer ou face à la houle autant qu’un canot le ferait, par mer agitée.
     Sénateur SMITH.  Sont-ils aussi facilement affalés et maintenus en position ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; je ne pense pas. Je préfère les canots.
     Sénateur SMITH.  Sont-ils aussi accessibles aux gens en danger à bord du navire que les canots de sauvetage ?
     Mr. BOXHALL.  Ça dépend de l’endroit où ils sont stockés.
     Sénateur SMITH.  Où ils sont gardés ?
     Mr. BOXHALL.  Ceux du Titanic – il y en avait un exactement sous les bossoirs du canot de mer de chaque côté, au même niveau du pont des embarcations que les canots.
     Sénateur SMITH.  Et aussi sûrement attachés aux bossoirs ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; il n’était pas sûrement attaché aux bossoirs. Il n’était pas accroché aux bossoirs du tout. Une fois que les canots de mer avaient été affalés, on pouvait s’occuper des canots pliants.
     Sénateur SMITH.  Où étaient-ils ? Ils étaient posés sur sur le pont ?
     Mr. BOXHALL.  Ils étaient sur le pont.
     Sénateur SMITH.  Non attachés ?
     Mr. BOXHALL.  Non attachés – pas attachés aux bossoirs.
     Sénateur SMITH.  Combien de ces canots y avait-il ?
     Mr. BOXHALL.  Quatre.
     Sénateur SMITH.  Vous avez décrit un autre type de canot. Lequel est-ce ?
     Mr. BOXHALL.  Le canot de mer ou le canot de secours.
     Sénateur SMITH.  Quel type de canot est-ce ?
     Mr. BOXHALL.  C’est la même chose qu’un canot, juste en plus petit et construit plus légèrement. Il est toujours maintenu basculé vers l’extérieur.
     Sénateur SMITH.  Il est construit de la même manière générale ?
     Mr. BOXHALL.  Tout à fait.
     Sénateur SMITH.  Et avec les mêmes matériaux que les canots ?
     Mr. BOXHALL.  Avec les mêmes matériaux, mais plus petits.
     Sénateur SMITH.  Plus petits ?
     Mr. BOXHALL.  Plus petits.
     Sénateur SMITH.  Plus petits de combien ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne pourrais pas dire à quel point plus petits. Je ne connais pas la taille.
     Sénateur SMITH.  Donnez-nous votre meilleure estimation à ce propos.
     Mr. BOXHALL.  C’est un canot qui est conçu pour être suspendu à l’extérieur en permanence, le canot de secours, afin qu’il puisse être affalé à tout moment au cas où quelqu’un tomberait par-dessus bord.
     Sénateur SMITH.  C’est un canot qui est entre la taille d’une barque classique et celle d’un canot de sauvetage ?
     Mr. BOXHALL.  Il est considérablement plus grand qu’une barque ordinaire.
     Sénateur SMITH.  Oh, oui ; je comprends ça.
     Mr. BOXHALL.  C’est un bon canot, qui tient bien la mer.
     Sénateur SMITH.  Combien de personnes pourrait contenir un de ces canots ?
     Mr. BOXHALL.  Je dirais entre environ 25 et 30 ; probablement 30 au plus.
     Sénateur SMITH.  au plus ?
     Mr. BOXHALL.  Oui ; c’est une approximation.
     Sénateur SMITH.  Est-ce que ces canots sont équipés de la même manière que les canots de sauvetage ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur ; exactement pareil.
     Sénateur SMITH.  Et totalement selon les règlements du Board of Trade britannique ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  En ce qui concerne l’inspection et l’équipement ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Mr. Boxhall, ce sont là tous les canots et les trois types qui étaient présents sur le Titanic ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Quand il est parti ?
     Mr. BOXHALL.  Tout à fait.
     Sénateur SMITH.  Combien de personnes pourrait embarquer un canot pliant ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne pourrais pas le dire.
     Sénateur SMITH.  Environ combien ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne sais pas ; je ne pourrais le dire ; je préférerais ne pas donner d’avis.
     Sénateur SMITH.  Pourquoi le dit-on pliant ? Il peut se replier ?
     Mr. BOXHALL.  La structure supérieure du canot est démontable.
     Sénateur SMITH.  Mais la partie inférieure est – 
     Mr. BOXHALL.  La partie inférieure est le fond du canot.
     Sénateur SMITH.  Ne pouvez-vous pas nous dire combien de personnes environ pouvaient contenir ces canots ?
     Mr. BOXHALL.  Ils semblaient assez remplis, ceux qui étaient près du Carpathia. Je n’ai pas compté les gens, mais il semblait y avoir pas mal de monde. Je dirais qu’ils pouvaient contenir plus qu’un canot de secours, ou environ le même nombre.
     Sénateur SMITH.  Dans lequel de ces trois types de canots étiez-vous ?
     Mr. BOXHALL.  Le canot de secours.
     Sénateur SMITH.  Le canot de secours ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous vu l’officier Murdoch, l’officier Lightoller, l’officier Lowe et l’officier Pitman à bord du Titanic ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Le jour où l’inspection a été faite ?
     Mr. BOXHALL. Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Pouvez-vous établir s’ils étaient tous présents, tout ce temps ?
     Mr. BOXHALL.  Tous les officiers étaient à bord du navire, accomplissant diverses tâches. Je ne peux dire s’ils étaient présents quand les canots ont été affalés, mais ils étaient présents à bord.
     Sénateur SMITH.  Pour autant que vous le sachiez, est-ce que chacun a accompli ses tâches spécifiques ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Après le départ de Southampton jusqu’au moment de la catastrophe ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Connaissez-vous les habitudes de ces hommes ?
     Mr. BOXHALL.  Seulement ce que j’ai vu depuis que j’ai rejoint le navire. Je ne les avais jamais vus avant, à part Mr. Lightoller.
     Sénateur SMITH.  Et que pouvez-vous dire de leurs habitudes ?
     Mr. BOXHALL.  Des hommes bons, stables, fiables.
     Sénateur SMITH.  Qu’en est-il de vos propres habitudes ?
     Mr. BOXHALL.  Vous feriez mieux de le demander à quelqu’un d’autre.
     Sénateur SMITH.  Vous devez être conscient de vos habitudes.
     Mr. BOXHALL.  Pardonnez-moi.
     Sénateur SMITH.  Vous êtes peut-être trop modeste pour les décrire, mais vous savez si vous êtes ou non un homme sobre.
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Vous l’êtes ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous une famille ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Entre Southampton et le lieu où le Titanic a coulé, avez-vous été souvent en contact avec les officiers supérieurs ?
     Mr. BOXHALL.  Oh, oui.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous vu le capitaine fréquemment ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Aviez-vous navigué avec lui auparavant ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; jamais.
     Sénateur SMITH.  Est-ce que vos fonctions nécessitaient que vous soyez près de l’endroit où il était habituellement sur le navire ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Dans les faits, accomplissiez-vous à aucun moment un service sur la passerelle ? Aviez-vous le droit d’aller sur la passerelle ?
     Mr. BOXHALL.  Oh, oui.
     Sénateur SMITH.  C’était votre fonction d’aller là-bas ?
     Mr. BOXHALL.  Oui ; c’était ma fonction. Quand j’étais de quart j’étais toujours sur la passerelle – sur la passerelle ou dans la salle des cartes.
     Sénateur SMITH.  À quelle fréquence avez-vous vu le capitaine entre Southampton et le lieu où le navire a coulé ?
     Mr. BOXHALL.  Chaque fois que j’étais en service, je le voyais.
     Sénateur SMITH.  Et vous étiez en service pendant quelles périodes ?
     Mr. BOXHALL.  Par sessions de quatre heures après que nous avons quitté Southampton.
     Sénateur SMITH.  Par sessions de quatre heures après que vous avez quitté Southampton ?
     Mr. BOXHALL.  Par sessions de quatre heures.
     Sénateur SMITH.  Quand avez-vous pris votre service, dimanche ?
     Mr. BOXHALL.  20 heures.
     Sénateur SMITH.  Le jour de l’accident ?
     Mr. BOXHALL.  20 heures.
     Sénateur SMITH.  Quel était votre poste ?
     Mr. BOXHALL.  Je n’avais pas de poste en particulier.
     Sénateur SMITH.  Sur quel pont ?
     Mr. BOXHALL.  Sur le pont de la passerelle.
     Sénateur SMITH.  Étiez-vous sur le pont de la passerelle ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Où était le pont de la passerelle par rapport au pont des embarcations, au pont A et au pont B ?
     Mr. BOXHALL.  Le pont de la passerelle et le pont des embarcations n’en faisaient qu’un.
     Sénateur SMITH.  Le même ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Le pont des embarcations s’étendait à l’avant ?
     Mr. BOXHALL.  Tout ça, c’était un pont.
     Sénateur SMITH.  Il terminait la passerelle ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Vous dites que vous avez pris votre quart, et que c’était votre poste le dimanche soir à quelle heure ?
     Mr. BOXHALL.  20 heures.
     Sénateur SMITH.  20 heures ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Et vous deviez rester combien de temps ?
     Mr. BOXHALL.  Jusqu’à minuit.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous passé tout ce temps cette nuit-là à votre poste, en service ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Vous étiez sur la passerelle tout ce temps ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Quelle part de cette période ?
     Mr. BOXHALL.  La plupart du temps j’étais sur la passerelle.
     Sénateur SMITH.  La plupart du temps ?
     Mr. BOXHALL.  Le plus gros du quart.
     Sénateur SMITH.  Savez-vous si les officiers habituels étaient à leurs postes de service à l’extrémité avant de ce pont des embarcations ?
     Mr. BOXHALL.  Ils y étaient, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Pendant votre quart ?
     Mr. BOXHALL.  Ils y étaient.
     Sénateur SMITH.  Donnez leurs noms ; si vous pouvez ; et simplement en quoi consistait leur service.
     Mr. BOXHALL.  Mr. Lightoller était sur la passerelle quand j’y suis monté avec le sixième officier à 20 h – avec le sixième officier Moody.
     Sénateur SMITH.  Un peu plus fort, s’il vous plait.
     Mr. BOXHALL.  Mr. Lightoller était de quart sur la passerelle quand j’ai pris mon quart à 20 heures avec le sixième officier Moody. Mr. Lightoller a été relevé à 22 heures par Mr. Murdock. Mr. Murdock était de quart jusqu’à ce que l’accident survienne.
     Sénateur SMITH.  Qui d’autre était sur ce pont à l’avant, ou sur la passerelle ?
     Mr. BOXHALL.  Mr. Moody, le sixième officier.
     Sénateur SMITH.  Où était le nid-de-pie par rapport à la passerelle ?
     Mr. BOXHALL.  Le nid-de-pie était en  haut du mat avant.
     Sénateur SMITH.  À quelle distance en avant de la passerelle ?
     Mr. BOXHALL.  Je dirais environ 120 pieds.
     Sénateur SMITH.  À quelle hauteur au-dessus de la passerelle ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne pourrais pas dire quelle hauteur c’était, mais le plan vous le dira.
     Sénateur SMITH.  Ne pouvez-vous pas le dire approximativement ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; je préférerais ne pas le dire.
     Sénateur SMITH.  Qu’est-ce que le nid-de-pie ?
     Mr. BOXHALL.  Le nid-de-pie est la boîte des vigies.
     Sénateur SMITH.  À quelle hauteur sur le mât ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne pourrais le dire.
     Sénateur SMITH.  Il fait partie du mât ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Qui occupait le nid-de-pie durant votre quart dimanche soir ?
     Mr. BOXHALL.  Les vigies.
     Sénateur SMITH.  Qu’est-ce que c’est ?
     Mr. BOXHALL.  Les vigies.
     Sénateur SMITH.  Qui étaient-ils ?
     Mr. BOXHALL.  Fleet et Leigh [Lee, NdT] étaient les vigies à ce moment. Je ne peux pas dire qui étaient les vigies avant 22 heures.
     Sénateur Burton.  Comment épelez-vous le premier nom ?
     Mr. BOXHALL.  F-l-e-e-t.
     Sénateur BOURNE.  Comment épelez-vous Leigh ?
     Mr. BOXHALL.  L-e-i-g-h.
     Sénateur SMITH.  Deux hommes étaient dans le nid-de-pie ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Les y avez-vous vus ?
     Mr. BOXHALL.  On ne pouvait pas les voir depuis la passerelle.
     Sénateur SMITH.  Comment savez-vous qu’ils y étaient ?
     Mr. BOXHALL.  Parce qu’ils répondaient aux sonneries de la passerelle.
     Sénateur SMITH.  Ils répondaient tous les deux aux sonneries ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Comment pouvez-vous savoir qu’ils répondaient tous les deux ?
     Mr. BOXHALL.  On pouvait les entendre.
     Sénateur SMITH.  Comment pouvez-vous distinguer une réponse d’une autre ?
     Mr. BOXHALL.  Différentes voix.
     Sénateur SMITH.  Et à partir de cela vous êtes convaincu qu’ils étaient tous les deux à leur poste ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Qui assurait la veille ? Qui assurait la veille, s’il y en avait, en plus de ces deux hommes ?
     Mr. BOXHALL.  Sur la passerelle ?
     Sénateur SMITH.  Oui ; sur la passerelle.
     Mr. BOXHALL. Le premier officier.
     Sénateur SMITH.  Mr. Murdock ?
     Mr. BOXHALL.  Oui ; Mr. Murdock.
     Sénateur SMITH.  Quelqu’un d’autre ?
     Mr. BOXHALL.  Pas à ma connaissance.
     Sénateur Burton.  J’ai cru comprendre que vous étiez là.
     Mr. BOXHALL.  Oui. Je n’étais pas chargé de la veille, cependant.
     Sénateur Burton.  Vous n’étiez pas à la veille, là-bas, à l’avant ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; j’étais là au cas où on m’aurait appelé.
     Sénateur SMITH.  Un moment. Je vais y venir. Est-ce que l’effectif ordinaire d’officiers était à son poste de travail –
     Mr. BOXHALL.  L’effectif ordinaire des officiers ?
     Sénateur SMITH.  (continuant). À l’extrémité avant du navire, dans le nid-de-pie, et sur la passerelle ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Si cette veille avait été accrue cette nuit-là vous l’auriez su ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; je ne sais pas. Je ne suis pas sûr de si on l’a accrue ou non.
     Sénateur SMITH.  Vous dites qu’il y avait deux hommes dans le nid-de-pie ?
     Mr. BOXHALL.  Il y avait deux hommes dans le nid-de-pie ; oui.
     Sénateur SMITH.  Êtes-vous au courant d’une vigilance accrue ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne sais pas. Je n’en ai pas entendu parler.
     Sénateur SMITH.  Vous n’en avez pas entendu parler ?
     Mr. BOXHALL.  Je n’en ai pas entendu parler, mais il est possible qu’il y ait eu des hommes supplémentaires affectés à la veille.
     Sénateur SMITH.  Est-ce que ces hommes qui étaient affectés à la veille étaient ceux qui accomplissaient habituellement ce service ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  C’était leur fonction particulière ?
     Mr. BOXHALL.  C’était leur fonction particulière.
     Sénateur SMITH.  Y avait-il quelqu’un placé dans les yeux, si c’est ainsi qu’on les appelle ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne sais pas.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous vu quelqu’un là-bas ?
     Mr. BOXHALL.  Je n’y ai vu personne.
     Sénateur SMITH.  Où sont les yeux ?
     Mr. BOXHALL.  Sur le pont avant.
     Sénateur SMITH.  C’est-à-dire tout à l’avant ?
     Mr. BOXHALL.  Aussi loin à l’avant qu’il soit possible.
     Sénateur SMITH.  À l’avant de la passerelle, et dans la proue ?
     Mr. BOXHALL.  Aussi loin à l’avant qu’il soit possible, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Vous dites que vous ne savez pas s’il y avait quelqu’un dans ce qu’on appelle les yeux ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur ; je ne sais pas.
     Sénateur SMITH.  Une fois encore, pour en informer mon collègue, pouvez-vous établir l’emplacement des yeux sur ce navire en particulier ?
     Mr. BOXHALL.  C’est dans ce que nous appelons habituellement l’étrave. L’étrave est tout à l’avant à bord du navire, autant qu’il soit possible d’aller – l’extrémité avant du navire.
     Sénateur SMITH.  Ce n’est pas à l’avant de la proue du navire ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Mais autant à l’avant que –
     Mr. BOXHALL.  Que le bastingage vous laisse aller, et que le pont s’étend.
     Sénateur SMITH.  Est-ce que les occupants de ce point du navire vous auraient été visibles s’ils avaient été là cette nuit-là ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Pourquoi ?
     Mr. BOXHALL.  Parce que je ne regardais pas par là. Je ne cherchais pas à les voir.
     Sénateur SMITH.  Auriez-vous pu regarder vers l’avant et ne pas les voir ?
     Mr. BOXHALL.  Si j’avais regardé vers l’avant j’aurais dû les voir.
     Sénateur SMITH.  Dites-vous que vous n’avez pas regardé vers l’avant ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne les ai pas remarqués. J’étais dans la salle des cartes, calculant les positions, pour la plupart de la soirée – travaillant à la navigation.
     Sénateur SMITH.  Dimanche soir ?
     Mr. BOXHALL.  Dimanche soir.
     Sénateur SMITH.  Mais vous avez dit que vous étiez fréquemment sur la passerelle cette nuit-là.
     Mr. BOXHALL.  Tout à fait.
     Sénateur SMITH.  Durant la période où vous étiez sur la passerelle, ou sur le pont avant, vous n’avez vu personne –
     Mr. BOXHALL.  Je n’ai pas cherché à les voir.
     Sénateur SMITH.  (continuant). Dans les yeux ? Eh bien, répondez à ma question. Je veux que vous y répondiez à votre manière, bien entendu.
     Mr. BOXHALL.  Tout à fait.
     Sénateur SMITH.  Vous n’y avez vu personne ?
     Mr. BOXHALL. Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Et vous n’avez pas cherché à voir ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Saviez-vous que vous étiez dans le voisinage d’icebergs cette nuit-là ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; je ne savais pas que nous étions dans le voisinage d’icebergs.
     Sénateur SMITH.  Est-ce que le second ou le premier officier vous ont informés du fait qu’ils avaient comme information que vous étiez à proximité d’icebergs ?
     Mr. BOXHALL.  Je savais que nous avions eu des informations. Ils ne m’en ont pas informé ce soir-là.
     Sénateur SMITH.  Quand vous ont-ils informé ?
     Mr. BOXHALL.  Dans les faits ils ne me l’ont pas mentionné.
     Sénateur SMITH.  Cela ne vous avait jamais été mentionné ?
     Mr. BOXHALL.  Oh, si ; le capitaine l’a mentionné.
     Sénateur SMITH.  Le capitaine vous l’a mentionné ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Quand ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne sais pas si c’était le jour avant ou deux jours avant qu’il m’a donné la position de quelques icebergs, que j’ai reportée sur la carte.
     Sénateur SMITH.  Que vous avez placés sur la carte ?
     Mr. BOXHALL.  Sur sa carte.
     Sénateur SMITH.  Est-ce que le capitaine vous a dit que le Californian avait télégraphié au Titanic qu’ils étaient à proximité d’icebergs ?
     Mr. BOXHALL.  Non. Le capitaine m’a donné quelques messages radio de Southampton, je crois, que nous avions eu avant de partir, et m’a demandé de rapporter ces positions sur la carte.
     Sénateur SMITH.  Saviez-vous si un message radio avait été reçu de l’Amerika indiquant que le Titanic était à proximité d’icebergs ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; je ne pourrais le dire.
     Sénateur SMITH.  Voulez-vous que nous comprenions que vous n’aviez pas connaissance de la proximité de ce navire avec des icebergs immédiatement avant la –
     Mr. BOXHALL.  Je n’en avais pas connaissance.
     Sénateur SMITH.  Un moment. [Continuant] Immédiatement avant la collision, ou pendant les heures de votre quart à partir de 20 heures jusqu’au moment où est survenue la collision ?
     Mr. BOXHALL.  Je n’ai pas réalisé que le navire était si près d’un champ de glaces.
     Sénateur SMITH.  Vous saviez que vous étiez à proximité des Grands Bancs ?
     Mr. BOXHALL.  Je savais que nous étions à proximité des Grands Bancs.
     Sénateur SMITH.  Quelle était la météo à ce moment ?
     Mr. BOXHALL.  Très beau et clair.
     Sénateur SMITH.  Froid ?
     Mr. BOXHALL.  Oui ; très froid.
     Sénateur SMITH.  Inhabituellement froid ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; pas pour cette période de l’année.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous eu conscience que vous étiez hors de l’influence particulière du Gulf Stream ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Savez-vous s’il y a eu de fréquents prélèvements d’eau de mer cette nuit-là ?
     Mr. BOXHALL.  Je savais que l’eau et la température de l’air avaient été relevées toutes les deux heures après que le navire a quitté le port.
     Sénateur SMITH.  Est-ce que la température de l’eau a été prise à un moment à votre connaissance ?
     Mr. BOXHALL.  Toutes les deux heures après que le navire a quitté le port. Je ne sais pas ce que ça donnait.
     Sénateur SMITH.  Non ; je ne pense pas que vous m’avez compris. Vous dites que l’eau a été prélevée de la mer et que la température de l’air a été prise toutes les deux heures après que vous avez quitté le port ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Je vous ai demandé si vous saviez si la température de l’eau qui a été prélevée toutes les deux heures a été testée ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Vous le savez ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Comment le savez-vous ?
     Mr. BOXHALL.  Car les marins et le quartier-maître prenaient cette température, et que je les ai vus le faire, parfois.
     Sénateur SMITH.  C’était rapporté quelque part ?
     Mr. BOXHALL.  Oui ; c’était rapporté. C’était rapporté à l’officier junior.
     Sénateur SMITH.  À l’officier junior ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Quel était son nom ?
     Mr. BOXHALL.  Mr. Moody.
     Sénateur SMITH.  A-t-il survécu au naufrage ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Était-ce reporté à un autre officier ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; mais leur livre était toujours disponible pour qu’il puisse le voir.
     Sénateur SMITH.  Est-ce que le livre de bord contenait des références à ces tests ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Comment le savez-vous ?
     Mr. BOXHALL.  Parce que c’était la responsabilité de l’officier junior de s’assurer que le livre de bord les contienne.
     Sénateur SMITH.  C’était sa responsabilité ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Et vous pensez que ça a été fait car c’était sa responsabilité ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous vous-même pris la température de l’eau ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  À aucun moment durant ce voyage ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Savez-vous si l’eau cette nuit du dimanche était plus froide qu’elle ne l’était la nuit de lundi ?
     Mr. BOXHALL.  Non, je ne sais pas.
     Sénateur SMITH.  Je veux dire précédente.
     Mr. BOXHALL.  Non.
     Sénateur SMITH. La nuit de mercredi ?
     Mr. BOXHALL.  Non.
     Sénateur SMITH.  Par votre propre connaissance, connaissez-vous la température de cette eau ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; je ne la connais pas.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous été dans l’eau –
     Mr. BOXHALL.  (interrompant). Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  (continuant). Après la collision ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  À aucun moment ?
     Mr. BOXHALL.  À aucun moment du tout.
     Sénateur SMITH.  Vous ne savez pas de votre propre connaissance à quel point elle était froide ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur ; je ne le sais pas.
     Sénateur SMITH.  Mais vous êtes en mesure de dire que c’était une nuit très froide ?
     Mr. BOXHALL.  Oh, oui ; c’était une nuit très froide.
     Sénateur SMITH.  Connaissez-vous Mr. Bride, l’opérateur radio du Titanic ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Savez-vous si ses pieds ont été gelés après que l’accident s’est produit et avant qu’il ait atteint le Carpathia ?
     Mr. BOXHALL.  Je savais que ses pieds avaient été blessés, mais je ne savais pas quel était leur problème. Je ne savais pas s’ils étaient gelés.
     Sénateur SMITH.  Vous ne savez pas s’ils étaient gelés ou non ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne pourrais le dire.
     Sénateur SMITH.  Est-ce que quelqu’un est mort à bord du canot où vous étiez entre le théâtre du naufrage – le lieu du naufrage – du Titanic et le Carpathia ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Êtes-vous au courant d’autres morts dans ces canots ?
     Mr. BOXHALL.  Je n’ai pas connaissance de quiconque étant mort dans les canots.
     Sénateur SMITH.  Savez-vous si Mr. Phillips est mort dans un canot ?
     Mr. BOXHALL.  Seulement ce que j’ai entendu, que Mr. Phillips est mort après avoir été hissé – je ne pourrais dire s’il a été hissé ou s’il y a rampé – sur le canot pliant retourné. C’est seulement par ouï-dire.
     Sénateur SMITH.  Il est mort ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur ; il est mort.
     Sénateur SMITH.  C’était l’opérateur radio qui était le chef de Mr. Bride ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Mais pour autant que vous le sachiez de votre propre connaissance vous êtes incapable de dire ce que le test de température de cette eau dans le voisinage des Grands Bacs, où l’accident s’est produit, montrerait ?
     Mr. BOXHALL.  Je suis incapable de vous dire ce qu’il en était.
     Sénateur SMITH.  Y avait-il des officiers ou membres d’équipage supplémentaires placés dans la proue ou sur le pont la nuit de dimanche après que vous avez pris votre quart ?
     Mr. BOXHALL.  Je n’ai pas connaissance de membres supplémentaires.
     Sénateur SMITH.  Les affectations étaient les affectations permanentes ; et pour autant que vous le sachiez, c’est tout ?
     Mr. BOXHALL.  Seulement l’équipe habituelle, je sais qu’elle y était ; mais s’il y avait des hommes supplémentaires, je ne pourrais vous le dire.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous vu le capitaine fréquemment la nuit de dimanche ?
     Mr. BOXHALL.  Je l’ai vu fréquemment durant le quart, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Durant le quart ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  À partir de 20 heures ?
     Mr. BOXHALL.  Jusqu’au moment de l’accident.
     Sénateur SMITH.  Jusqu’au moment où le Titanic a coulé ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  À quelle fréquence ?
     Mr. BOXHALL.  De temps en temps, la plupart du quart.
     Sénateur SMITH.  Où était-il quand vous l’avez vu à ces moments ?
     Mr. BOXHALL.  Parfois dehors sur la passerelle extérieure. Je sortais et faisais mon rapport. Je travaillais à des observations, si vous comprenez, le plus gros de ce quart ; à travailler à différents calculs et à les lui rapporter ; et c’est comme ça que je me suis autant trouvé en contact avec lui.
     Sénateur SMITH.  Où était-il aux moments où vous l’avez vu ?
     Mr. BOXHALL.  Parfois dans la salle des cartes et parfois sur la passerelle, et parfois il venait à la timonerie, à l’intérieur de la timonerie.
     Sénateur SMITH.  Comment savez-vous qu’il allait dans la timonerie ?
     Mr. BOXHALL.  Je le voyais passer.
     Sénateur SMITH.  Vous le voyiez passer ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Est-ce que vous le voyiez fréquemment dans la timonerie ?
     Mr. BOXHALL.  Fréquemment, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Est-ce que le capitaine était sur le pont ou sur la passerelle ou dans la timonerie quand vous avez pris votre quart à 20 heures ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne pourrais pas dire où il était. Je ne me souviens pas de l’avoir vu à 20 heures.
     Sénateur SMITH. Combien de temps après le début de votre quart l’avez-vous vu ?
     Mr. BOXHALL.  Pour autant que je puisse dire, vers 21 heures.
     Sénateur SMITH.  Vers 21 heures ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Pour la première fois ?
     Mr. BOXHALL.  Oui. Je n’ai pas dit pour la première fois.
     Sénateur SMITH.  Pour autant que vous pouvez vous en souvenir ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; mais un incident particulier me rappelle que je l’ai vu vers 21 heures.         
     Sénateur SMITH.  Quand vous dites que vous l’avez vu vers 21 heures, vous voulez dire juste avant ou juste après 21 ?
     Mr. BOXHALL.  Vous essayez de me faire dire à la minute près, et je ne peux l’établir.
     Sénateur SMITH.  Je veux juste le savoir aussi précisément que vous pouvez l’indiquer. Pensez-vous que c’était avant ou après ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne pourrais le dire.
     Sénateur SMITH.  Vers 21 heures ?
     Mr. BOXHALL.  Vers 21 heures, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Y avait-il quelqu’un avec lui quand vous l’avez vu à ce moment-là ?
     Mr. BOXHALL.  C’est une autre chose qui est difficile à dire. Je ne me souviens plus si je l’ai vu sur la passerelle ou dans la timonerie quand je lui ai rapporté certaines positions que j’avais calculées.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous vu Mr. Ismay ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Avec le capitaine ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Sur la passerelle, dans la timonerie, ou sur le pont cette nuit-là ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Après que vous avez pris votre quart ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur ; pas avant le temps qui a suivi l’accident.
     Sénateur SMITH.  Pas avant le temps qui a suivi l’accident ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous parlé avec le capitaine dans la nuit de dimanche ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  À quelle fréquence ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne pourrais pas dire à quelle fréquence.
     Sénateur SMITH.  Savez-vous à quelle heure il a dîné cette nuit-là ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Ou avec qui il a dîné ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Ou bien où il a dîné ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Mais vous savez que vers 21 heures vous l’avez vu sur le pont, sur la passerelle et dans la timonerie à divers moments ? Diriez-vous tout le temps, dans l’un de ces trois lieux, après ça ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne pensais pas que le capitaine soit allé où que ce soit loin de la passerelle durant tout le quart. Je veux dire de la passerelle en considérant la passerelle dans son ensemble ; toutes les salles des cartes et la passerelle ouverte. Elles se situent toutes pratiquement dans un même carré, et je ne pense pas que le capitaine se soit éloigné de cet ensemble.
     Sénateur SMITH.  Quand avez-vous vu le capitaine pour la dernière fois ?
     Mr. BOXHALL.  Quand il m’a dit de partir dans le canot.
     Sénateur SMITH.  Combien de temps était-ce après la collision ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne sais pas à quelle heure j’ai quitté le navire. Je me souviens avoir essayé de trouver l’heure ou de la calculer, mais je n’arrive pas à trouver quelle heure il était.
     Sénateur SMITH.  Où étiez-vous quand la collision s’est produite ?
     Mr. BOXHALL.  J’étais tout juste en train d’approcher de la passerelle.
     Sénateur SMITH.  Du côté bâbord ou tribord ?
     Mr. BOXHALL.  Du côté tribord.
     Sénateur SMITH.  Est-ce que la collision s’est passée du côté bâbord ou tribord ?
     Mr. BOXHALL.  Du côté tribord, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Et vous étiez sur le pont à ce moment ?
     Mr. BOXHALL.  Sur le pont, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Approchant de la passerelle ?
     Mr. BOXHALL.  Approchant tout juste de la passerelle.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous pu voir ce qui s’est produit ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur ; je n’ai pas pu voir ce qui s’était passé.
     Sénateur SMITH.  Saviez-vous ce qui s’était produit ?
     Mr. BOXHALL.  Non, pas du tout. J’ai entendu le sixième officier dire ce qu’il en était.
     Sénateur SMITH.  Qu’a-t-il dit que c’était ?
     Mr. BOXHALL.  Il a dit que nous avions heurté un iceberg.
     Sénateur SMITH.  Y avait-il des traces de glace sur l’un des ponts, à votre connaissance, après cette collision ?
     Mr. BOXHALL.  Juste un peu sur le pont inférieur. Sur le pont du coffre j’en ai vu un peu, pas beaucoup.
     Sénateur SMITH.  Savez-vous si quelqu’un a été blessé par cet impact ?
     Mr. BOXHALL.  Non, je ne sais pas ; je ne l’ai pas entendu dire.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous continué à aller vers la passerelle après l’impact ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Jusqu’où êtes-vous allé ?
     Mr. BOXHALL.  Au moment de l’impact je venais juste le long du pont, presque au niveau des quartiers du capitaine, et j’ai entendu sonner un signal de trois cloches.
     Sénateur SMITH.  Quel genre de signal ? Décrivez-le.
     Mr. BOXHALL.  Le signal de la vigie.
     Sénateur SMITH.  Que disait-il ?
     Mr. BOXHALL.  Trois coups de cloche ont été sonnés.
     Sénateur SMITH.  Trois coups de cloche ?
     Mr. BOXHALL.  Cela signifie que quelque chose a été vu droit devant. Presque au même moment j’ai entendu le premier officier donner l’ordre « À tribord toute » et le transmetteur d’ordres des machines a sonné.
     Sénateur SMITH.  Que signifiait cet ordre ?
     Mr. BOXHALL.  Il ordonnait de diriger le navire vers bâbord.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous vu cet iceberg à ce moment ?
     Mr. BOXHALL.  Pas à ce moment.
     Sénateur SMITH.  Est-ce qu’il s’élevait au-dessus du pont sur lequel vous étiez ?
     Mr. BOXHALL.  Oh, non, monsieur, il ne s’élevait pas jusque-là.
     Sénateur SMITH.  Un peu plus bas ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Savez-vous s’il a frappé la proue de face ?
     Mr. BOXHALL.  Il m’a semblé qu’il frappait le bout de la proue.
     Sénateur SMITH.  Décrivez-ça.
     Mr. BOXHALL.  C’est dans la partie avant du navire, mais presque sur le côté.
     Sénateur SMITH.  De quel côté ?
     Mr. BOXHALL.  C’est juste là où le navire commence à s’élargir du côté tribord.
     Sénateur SMITH.  À quelle distance ce serait de l’avant du navire ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne sais pas.
     Sénateur SMITH.  Quelle distance environ ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne pourrais l’estimer en pieds.
     Sénateur SMITH.  À quelle distance ce serait des yeux ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne sais pas. Je ne pourrais le dire.
     Sénateur SMITH.  Vous ne pourriez pas le décrire ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; vous pourriez le mesurer sur les plans, cela-dit.
     Sénateur SMITH.  Environ quelle distance ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne pourrais dire combien de pieds. Je n’ai pas idée du nombre de pieds.
     Sénateur SMITH.  Mais ce n’était pas un coup de face à la proue du navire ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  En langage ordinaire, parlerait-on de coup oblique ?
     Mr. BOXHALL.  Un coup oblique.
     Sénateur SMITH.  Est-ce que le coup a été ressenti immédiatement ?
     Mr. BOXHALL.  Un léger impact.
     Sénateur SMITH.  Léger comment ?
     Mr. BOXHALL.  Cela ne m’a pas semblé très sérieux. Je ne l’ai pas pris sérieusement.
     Sénateur SMITH.  Assez léger pour vous empêcher de marcher vers la passerelle ?
     Mr. BOXHALL.  Oh, non, non, non.
     Sénateur SMITH.  Assez lourd pour vous arrêter, je veux dire ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Tellement léger que vous ne l’avez pas considéré comme sérieux ?
     Mr. BOXHALL.  Je n’ai pas pensé que c’était sérieux.
     Sénateur SMITH.  Vous avez fini d’aller à la passerelle ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Qui avez-vous trouvé là-bas ?
     Mr. BOXHALL.  J’ai trouvé le sixième officier et le premier officier et le capitaine.
     Sénateur SMITH.  Le sixième officier, le premier officier et le capitaine ?
     Mr.  BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Tous ensemble sur la passerelle ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Qu’a dit le capitaine, s’il a parlé ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur. Le capitaine a dit « Qu’avons-nous heurté ? » Mr. Murdock, le premier officier, a dit : « Nous avons heurté un iceberg. »
     Sénateur SMITH.  Ensuite, qu’est-ce qui a été dit ?
     Mr. BOXHALL.  Il a poursuivi en disant – Mr. Murdock a poursuivi en disant : « Je l’ai envoyé à tribord toute et mis les machines en arrière toute, mais il était trop près ; il l’a heurté. »
     Sénateur FLETCHER.  C’était avant la collision ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; après.
     Sénateur SMITH.  C’était après la collision ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Il a dit qu’il l’avait envoyé à tribord toute ?
     Mr.  BOXHALL. Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Mais il était trop tard ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Et il l’a heurté ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Qu’a dit le capitaine ?
     Mr.  BOXHALL.  Mr. Murdock a aussi dit « Je comptais le contourner par bâbord. »
     Sénateur SMITH.  « Je comptais le contourner par bâbord » ?
     Mr. BOXHALL.  « Mais il l’a heurté avant que j’aie pu faire plus. »
     Sénateur SMITH.  A-t-il dit quelque chose de plus ?
     Mr. BOXHALL.  « Les portes étanches sont fermées, monsieur. »
     Sénateur SMITH.  Qu’a dit le capitaine ?
     Mr.  BOXHALL.  Mr. Murdock a continué en disant, « Les portes étanches sont fermées, monsieur. »
     Sénateur SMITH.  Mr. Murdock a continué en disant, « Sont-elles fermées » ?
     Mr.  BOXHALL.  Non ; « Elles sont fermées. »
     Sénateur SMITH.  « Les portes étanches sont fermées » ?
     Mr.  BOXHALL.  « Sont fermées. »
     Sénateur SMITH.  Comprenez-vous par cela qu’il avait activé –  
     Mr. BOXHALL.  (interrompant). Je l’ai vu les fermer.
     Sénateur SMITH.  Il a activé le courant électrique ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Et ce faisant il a fermé les compartiments étanches ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur ; et le capitaine lui a demandé s’il avait sonné la cloche d’alarme.
     Sénateur SMITH.  Qu’a-t-il dit ?
     Mr.  BOXHALL.  Il a dit, « Oui, monsieur. »
     Sénateur SMITH.  Qu’est-ce que la cloche d’alerte ?
     Mr.  BOXHALL.  C’est une petite cloche électrique qui sonne à chaque porte étanche.
     Sénateur SMITH.  Et il a dit que ça avait été fait ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Qu’a-t-il dit d’autre ?
     Mr. BOXHALL.  Nous avons tous marché jusqu’au coin de la passerelle à ce moment pour observer l’iceberg.
     Sénateur SMITH.  Le capitaine ?
     Mr. BOXHALL.  Le capitaine, le premier officier et moi-même.
     Sénateur SMITH.  L’avez-vous vu ?
     Mr.  BOXHALL.  Je n’étais pas très sûr de le voir. Il me semblait juste que c’était une petite masse noire qui ne s’élevait pas très haut au-dessus de l’eau, juste un peu sur le quart tribord.
     Sénateur SMITH.  À quelle hauteur au-dessus de l’eau l’estimeriez-vous ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne pourrais pas en estimer la taille, mais il m’a semblé être très, très bas.
     Sénateur SMITH.  Est-ce qu’il s’étendait jusqu’au pont B ?
     Mr. BOXHALL.  Oh, non ; le navire l’avait dépassé, à ce moment. Il me semblait très, très bas dans l’eau.
     Sénateur FLETCHER.  Donnez-nous une idée ; ne vous arrêtez-pas là.
     Sénateur SMITH.  Jusqu’où pensez-vous qu’il s’élevait au-dessus de l’eau ?
     Mr. BOXHALL.  C’est difficile à dire. À mon avis je ne pense pas que cette chose s’élevait au-dessus du bastingage du navire.
     Sénateur SMITH.  Au-dessus du bastingage du navire ?
     Mr. BOXHALL.  Non.
     Sénateur SMITH.  Et à quelle distance se trouvait ce bastingage au-dessus du niveau de l’eau ?
     Mr. BOXHALL.  Probablement environ 30 pieds.
     Sénateur SMITH.  Environ 30 pieds ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; à peine 30 pieds.
     Sénateur SMITH.  La distance entre le niveau de l’eau et le pont des embarcations était de combien ?
     Mr. BOXHALL.  Je pourrais obtenir cette mesure d’après le plan.
     Sénateur SMITH.  Environ 70 pieds, non ?
     Mr. BOXHALL.  Du pont des embarcations, il y avait environ 70 pieds jusqu’au niveau de l’eau. Le pont des embarcations est un pont au-dessus du A. Le bastingage dont je parle est sur le pont C.
     Sénateur SMITH.  Vous dites qu’il ressemblait à un objet noir ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Les étoiles brillaient-elles cette nuit-là ?
     Mr. BOXHALL.  Les étoiles brillaient.
     Sénateur SMITH.  Et la lune ?
     Mr.  BOXHALL.   Pas de lune.
     Sénateur SMITH.  Pas de lune ?
     Mr. BOXHALL.  Non.
     Sénateur SMITH.  Faisait-il clair ?
     Mr. BOXHALL.  Clair.
     Sénateur SMITH.  Et malgré cela vous voulez que nous comprenions que vous dîtes que, en vous tenant à la proue du navire, aussi loin en avant que possible, et en regardant directement vers cet obstacle, vous n’arriviez pas à déterminer exactement ce que c’était ?
     Mr. BOXHALL.  Je n’étais pas à l’avant du navire, monsieur ; je me tenais sur la passerelle.
     Sénateur SMITH.  Sur la passerelle ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Mais vous pouviez voir cet objet, non ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne suis pas sûr de l’avoir vu ; c’est ce que je dis, je ne jurerais pas l’avoir vu. Mais j’ai eu l’impression de voir ce growler à distance.
     Sénateur SMITH.  Et il paraissait sombre ?
     Mr. BOXHALL.  Il m’a paru être très, très bas.
     Sénateur SMITH.  Et sombre ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Est-ce que le capitaine semblait savoir ce que vous aviez heurté ?
     Mr. BOXHALL.  Non.
     Sénateur SMITH.  Et Mr. Murdock ?
     Mr. BOXHALL.  Mr. Murdock l’a vu quand nous l’avons heurté.
     Sénateur SMITH.  Il a dit ce que c’était ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Qu’a-t-il dit que c’était ?
     Mr. BOXHALL.  Il a dit que c’était un iceberg.
     Sénateur SMITH.  Après que ces signaux ont été donnés, qu’a-t-il été fait ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne sais pas ce qui a été fait, car j’ai quitté la passerelle à ce moment.
     Sénateur SMITH.  Où êtes-vous allé ?
     Mr. BOXHALL.  Je suis descendu directement en bas, dans l’entrepont le plus bas, aussi loin que je pouvais aller sans entrer dans les cales, et j’ai inspecté tous les ponts en remontant, dans les environs de là où je pensais que nous avions heurté.
     Sénateur SMITH.  Qu’avez-vous trouvé ?
     Mr. BOXHALL.  Je n’ai pas trouvé de dommages. Je n’ai pas trouvé d’indications montrant que le navire avait été endommagé.
     Sénateur SMITH.  À l’intérieur ?
     Mr. BOXHALL.  À l’intérieur.
     Sénateur SMITH.  Vous avez dit que vous êtes allé à l’entrepont ?
     Mr. BOXHALL.  Je suis descendu à l’entrepont.
     Sénateur SMITH.  Mais n’y avez pas trouvé de traces de dégâts ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Où êtes-vous allé ensuite ?
     Mr. BOXHALL.  Ensuite je suis monté sur la passerelle et j’ai rapporté au capitaine que je n’avais pu voir aucun dégât.
     Sénateur SMITH.  Un moment. Avez-vous regardé plus loin, au-delà de l’entrepont ?
     Mr. BOXHALL.  J’ai inspecté tous les ponts. Je suis remonté jusqu’au pont supérieur.
     Sénateur SMITH.  En les inspectant tous dans la partie avant ?
     Mr. BOXHALL.  Dans la partie avant du navire ; j’entends, au niveau des écoutilles n°2 et 3.
     Sénateur SMITH.  Qu’avez-vous fait ensuite ?
     Mr. BOXHALL.  Je suis remonté sur la passerelle et ai rapporté que je ne trouvais aucun dégât.
     Sénateur SMITH.  Qu’a dit le capitaine ?
     Mr. BOXHALL.  Il a dit : « Descendez et trouvez le charpentier et faites-lui sonder le navire. »
     Sénateur SMITH.  L’avez-vous faut ?
     Mr. BOXHALL.  Je descendais, mais j’ai rencontré le charpentier.
     Sénateur SMITH.  Que lui avez-vous dit ?
     Mr. BOXHALL.  J’ai dit : « Le capitaine veut que vous sondiez le navire. »
     Il a répondu : « Le navire prend l’eau » et il est allé sur la passerelle voir le capitaine, et j’ai pensé que j’allais redescendre à l’avant et enquêter ; et alors j’ai rencontré un employé postal, un homme nommé Smith, et il a demandé où était le capitaine. J’ai répondu : « Il est sur la passerelle ». Il a dit : « La salle du courrier est pleine » ou « se remplit rapidement ». Je lui ai dit : « Bon, vous y allez et rapportez ça au capitaine et je vais descendre et voir. » et je suis allé droit à la salle du courrier.
     Sénateur SMITH.  Qu’y avez-vous trouvé ?
     Mr. BOXHALL.  Je suis descendu jusqu’au pont de la salle de tri et j’ai trouvé les employés de poste qui y travaillaient.
     Sénateur SMITH.  Ils faisaient quoi ?
     Mr. BOXHALL.  Ils sortaient les lettres des casiers, il m’a semblé.
     Sénateur SMITH.  Ils sortaient les lettres des casiers et les mettaient dans des sacs ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne pouvais pas voir dans quoi ils les mettaient.
     Sénateur SMITH.  Vous ne pouviez pas voir ce qu’ils en faisaient ?
     Mr. BOXHALL.  J’ai regardé par la porte ouverte et ai vu ces hommes travaillaient aux casiers, et directement en dessous de moi se trouvait la cale postale, et l’eau semblait y être alors à deux pieds du pont où nous nous trouvions.
     Sénateur SMITH.  Qu’avez-vous fait dans cette situation ?
     Mr. BOXHALL.  (Continuant) : Et des sacs de courrier flottant là. Je suis remonté droit à la passerelle et ai rapporté au capitaine ce que j’avais vu.
     Sénateur SMITH.  Qu’a-t-il dit ?
     Mr. BOXHALL.  Il a dit « Très bien », et ensuite ordre a été donné d’aller aux canots.
     Sénateur SMITH.  Vous voulez dire que l’ordre a été donné de remplir ou descendre les canots ?
     Mr. BOXHALL.  De préparer les canots.
     Sénateur SMITH.  Savez-vous quoi que ce soit à propos de ce que le charpentier a fait après que vous l’avez quitté ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur ; je ne l’ai plus jamais revu.
     Sénateur SMITH.  Savez-vous quoi que ce soit à propos de la radio ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Ou de ce que le capitaine ou tout autre officier a fait à ce propos ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Quand l’ordre a été donné de préparer les canots, qu’avez-vous fait ?
     Mr. BOXHALL.  J’ai fait le tour des ponts et ai préparé les canots ; en aidant à enlever les bâches.
     Sénateur SMITH.  Enlever les bâches ?
     Mr. BOXHALL.  Les bâches des canots, et en les préparant de façon générale.
     Sénateur SMITH.  Étaient-ils tous couverts ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur, à part les canots de mer ; et j’ai assisté de façon générale partout sur le pont. Ensuite je suis allé à la salle des cartes et ai calculé la position du navire. J’ai aidé un petit moment à préparer les canots, puis je suis rentré et j’ai calculé la position.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous rapporté sa position ?
     Mr. BOXHALL.  J’ai soumis sa position au capitaine.
     Sénateur SMITH.  Qu’a-t-il dit ?
     Mr. BOXHALL.  Il a dit : « Apportez-la à la salle Marconi. »
     Sénateur SMITH.  L’avez-vous fait ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous trouvé l’opérateur responsable ?
     Mr. BOXHALL.  J’y ai trouvé les deux opérateurs.
     Sénateur SMITH.  Qui ?
     Mr. BOXHALL.  Phillips et Bride.
     Sénateur SMITH.  Qu’avez-vous fait avec votre information ?
     Mr. BOXHALL.  Il y avait trop de bruit à cause de la vapeur qui s’échappait, donc je leur ai écrit la position et l’ai laissée.
     Sénateur SMITH.  Vous avez simplement écrit la position ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Et l’avez remise à l’opérateur ?
     Mr. BOXHALL.  Je l’y ai laissée sur sa table. Il l’a vue. Il avait lancé un appel, et était en train d’écouter, et je ne l’ai pas interrompu.
     Sénateur SMITH.  Êtes-vous resté pour voir ce qu’il en faisait ?
     Mr. BOXHALL.  Non.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous gardé une copie de cela, ou savez-vous exactement ce que ça montrait ?
     Mr. BOXHALL.  Cette position ?
     Sénateur SMITH.  Oui.
     Mr. BOXHALL.  Oui ; j’ai la position.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous un mémorandum de celle-ci ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; je l’ai dans la tête.
     Sénateur SMITH.  Donnez-la au rapporteur.
     Mr. BOXHALL.  Quarante-et-un, quarante-six ; cinquante, quatorze.
     Sénateur Burton.  Donnez-la encore.
     Mr. BOXHALL.  Quarante-et-un, quarante-six, nord ; cinquante, quatorze, ouest.
     Sénateur SMITH.  C’est la dernière fois que la position du navire a été prise ?
     Mr. BOXHALL.  C’est la position que j’ai calculée.
     Sénateur SMITH.  C’est la dernière fois qu’elle a été prise pour ce que vous en savez ?
     Mr. BOXHALL.  Oui ; c’était la position au moment de la collision.
     Sénateur SMITH.  Est-ce que c’est l’endroit où il a coulé, le savez-vous ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne sais pas. Il a pu en dériver un peu plus loin, probablement un demi-mile environ.
     Sénateur SMITH.  Qu’avez-vous fait après avoir quitté la salle des opérateurs ?
     Mr. BOXHALL.  J’ai fait le tour des ponts en aidant à dégager les ponts et j’ai envoyé des signaux de détresse.
     Sénateur SMITH.  Que voulez-vous dire par « dégager les ponts » ?
     Mr. BOXHALL.  Dégager les canots, je devrais dire.
     Sénateur SMITH.  À ce moment-là, y avait-il des passagers sur ces ponts ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Hommes et femmes ?
     Mr. BOXHALL.  Hommes et femmes, oui, qui montaient.
     Sénateur SMITH.  Que faisaient-ils ?
     Mr. BOXHALL.  J’étais trop occupé pour le noter, dans les faits.
     Sénateur SMITH.  Avaient-ils des gilets de sauvetage, ou des ceintures de sauvetage ?
     Mr. BOXHALL.  Oui ; je crois que tous ceux que j’ai vus avaient des gilets de sauvetage.
     Sénateur SMITH.  Voulez-vous dire que, pour autant que vous ayez pu l’observer –
     Mr. BOXHALL.  Ils en avaient tous, je dirais, pour autant que j’aie pu l’observer.
     Sénateur SMITH.  Hommes et femmes ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Enfants ?
     Mr. BOXHALL.  J’étais vers la passerelle la plupart du temps.
     Sénateur SMITH.  Je veux avoir vos meilleures informations à ce propos.
     Mr. BOXHALL.  J’étais près de la passerelle la plupart du temps, envoyant des signaux de détresse et essayant d’entrer en contact avec un navire qui était devant nous.
     Sénateur SMITH.  Vous preniez les signaux du capitaine ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Vous les portiez vous-même à l’opérateur ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; des signaux de détresse – des fusées.
     Sénateur SMITH.  Sur le navire ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Êtes-vous retourné à nouveau dans la salle radio ?
     Mr. BOXHALL.  Non.
     Sénateur SMITH.  Vous dites que ces passagers étaient rassemblés sur tous les ponts ?
     Mr. BOXHALL.  Je n’ai pas quitté le pont des embarcations après ça.
     Sénateur SMITH.  Vous êtes resté sur le pont supérieur ?
     Mr. BOXHALL.  Sur le pont supérieur.
     Sénateur SMITH.  Où se trouvaient ces canots ?
     Mr. BOXHALL.  Où se trouvaient ces canots.
     Sénateur SMITH.  Et vous avez participé à la préparation ?
     Mr. BOXHALL.  J’ai aidé de façon générale.
     Sénateur SMITH.  Aidé à affaler ces canots ?
     Mr. BOXHALL.  Pas à les affaler, monsieur.
     Sénateur SMITH.  À les remplir ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur, à les remplir ; mais mon attention jusqu’au moment où j’ai quitté le navire a surtout été retenue par l’envoi des fusées de détresses et les essais pour contacter un vapeur qui était presque droit devant nous.
     Sénateur SMITH.  À quelle distance droit devant vous ?
     Mr. BOXHALL.  C’est difficile à dire. J’ai vu les feux de son mât avant et j’ai vu son feu de côté.
     Sénateur SMITH.  Dans quelle direction ?
     Mr. BOXHALL.  Presque en face de nous.
     Sénateur SMITH.  Sur le même cap, apparemment ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; oh, non.
     Sénateur SMITH.  Sur le même cap globalement ?
     Mr. BOXHALL.  De la manière dont il était tourné il semblait nous rejoindre.
     Sénateur SMITH.  Venir vers vous ?
     Mr. BOXHALL.  Venir vers nous.
     Sénateur SMITH.  Savez-vous quoi que ce soit sur ce que ce navire était ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous eu des informations depuis à ce sujet ?
     Mr. BOXHALL.  Aucune, d’aucune sorte.
     Sénateur SMITH.  Vous dites que vous avez lancé ces fusées et autrement tenté de le contacter ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur. Il était assez près, selon moi, pour lire nos signaux électriques Morse, et je lui en ai envoyé ; je lui ai dit de venir immédiatement, que nous coulions ; et le capitaine se tenait –
     Sénateur SMITH.  C’était le signal ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Continuez.
     Mr. BOXHALL.  J’ai parlé de ce navire au capitaine, et il était avec moi la plupart du temps où nous avons émis des signaux.
     Sénateur SMITH.  Il l’a aussi vu ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Vous a-t-il dit de faire quoi que ce soit d’autre pour attirer son attention ?
     Mr. BOXHALL.  J’y suis allé et j’ai commencé le signal Morse. Il a dit : « Dites-lui de venir immédiatement, nous coulons. »
     Sénateur SMITH.  Vous étiez déjà en train de couler, vous dites ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  « Venez immédiatement, nous coulons » ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Que serait ce signal ?
     Mr. BOXHALL.  Il a été envoyé avec la clé Morse, le code Morse.
     Sénateur SMITH.  Et vous avez fait ça ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Et vous avez eu une réponse ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne peux pas dire que j’ai vu une réponse. Certaines personnes disent qu’il a répondu à nos fusées et nos signaux, mais je ne l’ai pas vu.
     Sénateur SMITH.  Y a-t-il eu une tentative pour entrer en communication radio après que vous avez vu ce navire – ce que vous avez pris pour un navire ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne sais pas ce qui se passait dans la salle radio.
     Sénateur SMITH.  Ces signaux que vous avez utilisés étaient des signaux Morse ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Ils sont reconnus comme des standards en mer ?
     Mr. BOXHALL.  Oh, oui.
     Sénateur SMITH.  Ils font partie des réglementations britanniques ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous vu des signaux de ce navire ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; je ne peux pas dire que j’ai vus des signaux, à part ses feux de navigation ordinaires. Certaines personnes ont vu des signaux, mais pas moi.
     Sénateur SMITH.  Quand vous parlez de « certaines personnes », de qui parlez-vous ?
     Mr. BOXHALL.  Des gens qui étaient près de la passerelle.
     Sénateur SMITH.  Des passagers ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; je ne dirais pas des passagers.
     Sénateur SMITH.  Des officiers ?
     Mr. BOXHALL.  Je crois que c’était des stewards.
     Sénateur SMITH.  Des stewards ; de l’équipage ?
     Mr. BOXHALL.  Et des gens qui attendaient dans les canots, ou quelque chose du genre.
     Sénateur SMITH.  Ils ont vu certains de ces signaux ?
     Mr. BOXHALL.  Certains hommes ont dit qu’ils avaient vu ses signaux.
     Sénateur SMITH.  De ce que vous avez vu de ce navire, à quelle distance pensez-vous qu’il était du Titanic ?
     Mr. BOXHALL.  Je dirais approximativement que le navire était à environ 5 miles.
     Sénateur SMITH.  Quels feux avez-vous vus ?
     Mr. BOXHALL.  Les deux feux du mât avant et le feu rouge.
     Sénateur SMITH.  Les deux feux du mât avant étaient les premiers feux que vous pouviez voir ?
     Mr. BOXHALL.  Les premiers feux.
     Sénateur SMITH.  Et quels autres feux ?
     Mr. BOXHALL.  Et ensuite, alors qu’il se rapprochait, il a montré son feu de côté, son feu rouge.
     Sénateur SMITH.  Donc vous étiez assez certain qu’il venait dans votre direction ?
     Mr. BOXHALL.  Assez certain.
     Sénateur SMITH.  Combien de temps était-ce avant que le navire coule ?
     Mr. BOXHALL.  C’est difficile à dire. Je n’avais aucune idée de l’heure à ce moment ; je ne sais pas quelle heure il était alors.
     Sénateur SMITH.  Pouvez-vous vous souvenir combien de temps c’était après la collision ?
     Mr. BOXHALL.  Non.
     Sénateur SMITH.  Est-ce que cette information a été communiquée aux opérateurs radio ? 
     Mr. BOXHALL.  Quelle communication, monsieur ?
     Sénateur SMITH.  Est-ce que cette information a été communiquée aux opérateurs radio ? 
     Mr. BOXHALL.  Pas à ma connaissance.
     Sénateur SMITH.  Saviez-vous qu’ils avaient envoyé un signal de détresse ?
     Mr. BOXHALL.  Oh, oui.
     Sénateur SMITH.  Et vous vous attendriez à ce que ce navire l’ait reçu s’il avait la radio à bord ?
     Mr. BOXHALL.  S’il avait une installation radio.
     Sénateur SMITH.  Vous vous êtes occupé vous-même des signaux Morse ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Se sont-ils poursuivis jusqu’au moment où vous avez aidé à préparer les canots ?
     Mr. BOXHALL.  J’envoyais un signal par Morse puis j’y allais et j’envoyais une fusée, puis je revenais et jetais un œil au navire, jusqu’à ce que finalement on me fasse partir.
     Sénateur SMITH.  Supposons que vous ayez eu un projecteur de recherche à la proue de ce navire, et qu’il ait pu être dirigé fortement vers cet objet que vous semblez avoir vu, pensez-vous que cela aurait pu informer le navire de sa proximité avec vous et de votre détresse ?
     Mr. BOXHALL.  Eh bien, il n’y a pas de doute qu’un projecteur de recherche aurait pu attirer leur attention, alors.
     Sénateur SMITH.  Ce navire n’était pas équipé d’un projecteur de recherche ?
     Mr. BOXHALL.  Le Titanic ne l’était pas ; non.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous déjà été employé sur un navire qui en était équipé ?
     Mr. BOXHALL.  Pas en servant dans la marine marchande.
     Sénateur SMITH.  Pas en servant dans la marine marchande ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Et dans un autre service ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  En service naval ?
     Mr. BOXHALL.  En service naval.
     Sénateur SMITH.  Cela fait partie de l’équipement de la marine de guerre britannique ?
     Mr. BOXHALL.  Oui ; tous les navires que j’ai vus ont un projecteur de recherche.
     Sénateur SMITH.  Mais pas dans la marine marchande ?
     Mr. BOXHALL.  Pas dans la marine marchande.
     Sénateur SMITH.  Afin que le procès-verbal soit complet, voulez-vous bien expliquer un peu plus en détail comment le signal Morse était transmis ?
     Mr. BOXHALL.  Au moyen d’une clé télégraphique et d’une lampe Morse. C’est une série de points et de traits.
     Sénateur SMITH.  Qui sont réfléchis ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; il n’y a pas du tout de reflet ; il s’agit juste d’allumer et éteindre une lumière – une lumière électrique.
     Sénateur SMITH.  Comment les fusées explosent-elles ?
     Mr. BOXHALL.  On fait exploser les fusées grâce à un cordon d’allumage.
     Sénateur SMITH.  Elles pleuvent ?
     Mr. BOXHALL.  Elles montent droit dans les airs puis projettent des étoiles.
     Sénateur SMITH.  À quel point les fusées qu’ils ont sur ces bateaux sont-elles puissantes – quelle est leur charge ; vous le savez ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne sais pas, monsieur ; les réglementations du Board of Trade contrôlent cela.
     Sénateur SMITH.  Marchaient-elles de façon satisfaisante ?
     Mr. BOXHALL.  Oh, oui.
     Sénateur SMITH.  De la sorte, pour autant que votre manipulation de ces signaux et fusées était concernée –
     Mr. BOXHALL.  Ils étaient tout à fait satisfaisants.
     Sénateur SMITH.  L’échec pour attirer l’attention de ce navire n’était pas dû à un succès partiel ou affaibli de ces signaux ?
     Mr. BOXHALL.  Pas du tout, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Vous dites que vous avez continué à allumer ces fusées et envoyer ces signaux ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Et êtes ensuite retourné sur le côté du navire ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Et avez assisté au travail des canots ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Tout cela à peu près au même moment ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  À présent, Mr. Boxhall, combien de personnes se trouvaient sur le pont des embarcations, sur le pont supérieur, où se trouvaient ces canots ?
     Mr. BOXHALL.  À quel moment, monsieur ?
     Sénateur SMITH.  Au moment où vous les prépariez ; au moment où ils étaient affalés – les premiers ont été affalés ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne sais pas à quelle heure le premier canot a été affalé.
     Sénateur SMITH.  Vous étiez là quand il a été affalé ?
     Mr. BOXHALL.  J’étais vers la passerelle, mais le premier canot qui a été affalé a été affalé loin, de l’arrière.
     Sénateur SMITH.  Affalé depuis l’arrière ?
     Mr. BOXHALL.  Du côté tribord. J’ai reçu communication par le téléphone de la timonerie du fait que le premier canot avait été affalé. Je n’ai pas noté l’heure.
     Sénateur SMITH.  Qui l’a affalé ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne sais pas qui était à l’arrière.
     Sénateur SMITH.  La communication ne vous l’a pas dit ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; je ne sais pas qui me l’a dit par téléphone.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous appris depuis qui l’avait affalé ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Savez-vous quoi que ce soit à propos de qui était dans ce premier canot ?
     Mr. BOXHALL.  Non, je n’en ai pas la moindre idée.
     Sénateur SMITH.  Vous dites que vous ne l’avez pas vu affaler ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous vu affaler le second canot ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Savez-vous d’où il a été affalé ?
     Mr. BOXHALL.  Je n’ai pas la moindre idée d’où on l’a affalé.
     Sénateur SMITH.  Si c’était à l’arrière ou à bâbord ou du côté tribord ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; je ne sais pas. Le premier canot a été affalé de l’arrière du côté tribord, je le sais, car cette information m’a été envoyée par téléphone.
     Sénateur SMITH.  Mais vous ne savez pas qui l’a envoyée ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne sais pas.
     Sénateur SMITH.  Qu’avez-vous fait après avoir reçu cette communication ?
     Mr. BOXHALL.  Je suis ressorti et ai aidé de façon générale.
     Sénateur SMITH.  Où êtes-vous allé ; de quel côté du navire ?
     Mr. BOXHALL.  Je suis allé à bâbord.
     Sénateur SMITH.  Au milieu du navire, ou à l’arrière, ou à l’avant ?
     Mr. BOXHALL.  Vers l’avant.
     Sénateur SMITH.  Y avait-il des canots à l’avant ?
     Mr. BOXHALL.  Oh, oui.
     Sénateur SMITH.  De chaque côté ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Combien ?
     Mr. BOXHALL.  Quand j’ai quitté le navire ?
     Sénateur SMITH.  Quand le navire a quitté Southampton, si vous pouvez le dire ? Je veux comprendre la position des canots.
     Mr. BOXHALL.  Ils étaient également divisés sur le pont des embarcations, entre le côté bâbord et le côté tribord.
     Sénateur SMITH.  À l’avant et à l’arrière ?
     Mr. BOXHALL.  À l’avant et à l’arrière.
     Sénateur SMITH.  Combien auraient été à l’avant ?
     Mr. BOXHALL.  Il y avait 14 canots. Ça en ferait 7 de chaque côté.
     Sénateur SMITH.  Est-ce que ces canots étaient tout le long du côté ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  De façon continue ? Il n’y avait pas de division entre ceux au milieu du navire et ceux à l’avant ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Vous dites qu’il y en avait combien de chaque côté ?
     Mr. BOXHALL.  Sept de chaque côté. Je ne les ai jamais comptés, mais je pense qu’il y en avait 7. Il y avait 14 canots et 2 canots de mer. Ils étaient également répartis.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous vu un de ces canots être rempli ou affalé du côté tribord, soit à l’avant soit à l’arrière ?
     Mr. BOXHALL.  J’ai vu quelqu’un remplir le canot de secours tribord au moment où je suis venu et ai tiré des fusées. Je les ai tirées juste à côté de la proue de ce canot de secours.
     Sénateur SMITH.  Il y avait seulement deux canots de secours ?
     Mr. BOXHALL.  C’est tout ; mais celui-là, je l’ai repéré, car ces fusées de détresses sont dangereuses si elles explosent, et je devais m’assurer que les gens restaient loin pendant que je les tirais.
     Sénateur SMITH.  Du côté bâbord vous ne pouviez en voir qu’un. Il y en avait un de chaque côté ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Vous ne pouvez en avoir vu qu’un, et il était sur le pont des embarcations. Était-il en train d’être affalé ?
     Mr. BOXHALL.  Je l’ai vu juste avant qu’il soit affalé, et ensuite j’ai tiré une fusée après qu’il a été affalé.
     Sénateur SMITH.  Savez-vous qui était dans ce canot ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; je ne sais pas qui était dedans. Je n’ai pas relevé qui travaillait à ce canot.
     Sénateur SMITH.  Savez-vous combien de membres d’équipage étaient dans le canot ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; je ne sais pas.
     Sénateur SMITH.  Ou combien de passagers ?
     Mr. BOXHALL.  Je n’en ai pas la moindre idée.
     Sénateur SMITH.  Ou qui étaient les passagers ?
     Mr. BOXHALL.  Non.
     Sénateur SMITH.  Ou si c’étaient des hommes ou des femmes ?
     Mr. BOXHALL.  Il y avait des hommes dedans.
     Sénateur SMITH.  Hommes et femmes ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Dans quelles proportions environ ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne pourrais pas le dire. Mes affaires – j’avais comme objectif d’envoyer ces fusées et je ne me suis pas arrêté pour regarder.
     Sénateur SMITH.  Est-ce que c’est le seul canot que vous avez vu descendre ou remplir ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne les ai pas vus en train de descendre ce canot.
     Sénateur SMITH.  Bon, de le remplir ? 
     Mr. BOXHALL.  J’ai vu les gens à l’intérieur.
     Sénateur SMITH.  C’est le seul ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; j’ai remarqué d’autres canots en train d’être remplis, mais je n’ai pas relevé qui les remplissait. À un moment comme celui-ci on ne s’arrête pas pour voir qui fait quoi.
     Sénateur SMITH.  Je comprends ça. Avez-vous vu les autres canots du même type être affalés ?
     Mr. BOXHALL.  J’étais dedans quand il a été affalé.
     Sénateur SMITH.  Vous étiez dedans. Quand a-t-il été affalé ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne sais pas l’heure.
     Sénateur SMITH.  Pourriez-vous dire l’ordre dans lequel ils ont été affalés, si c’était le second ou le troisième ou le quatrième ?
     Mr. BOXHALL.  Quand j’ai été affalé, j’étais l’avant-dernier canot à bâbord. Il y a eu un des canots qui a été affalé après que je suis parti, quelques minutes après mon départ, puis il n’y avait plus de canots suspendus aux bossoirs du côté bâbord.
     Sénateur SMITH.  N’y avait-il pas un canot qui était coincé dans le dispositif et n’a pas pu être affalé ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur ; pas que je sache. Je n’en ai jamais entendu parler et ne l’ai pas vu.
     Sénateur SMITH.  Pour autant que vous vous en souveniez, tous les canots –
     Mr. BOXHALL.  Pour autant que je m’en souvienne, et de ce que j’ai entendu, tout a marché de façon très fluide pour la descente des canots.
     Sénateur SMITH.  Et tous les canots avaient été affalés quand le canot dans lequel vous êtes monté a été affalé ?
     Mr. BOXHALL.  Tous sauf un.
     Sénateur SMITH.  Où était celui-ci ?
     Mr. BOXHALL.  C’était le canot après le mien, à l’arrière.
     Sénateur SMITH.  Un canot ou un pliant ?
     Mr. BOXHALL.  Un canot.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous joué un rôle quel qu’il soit dans le remplissage de ces canots ?
     Mr. BOXHALL.  J’ai aidé à faire venir des gens par-là, mais je n’étais pas à côté du canot, pour les faire monter dedans, en réalité.
     Sénateur SMITH.  Que pouvais vous dire à propos de l’anxiété des gens qui montaient à bord de ces canots ; y avait-il beaucoup d’anxiété ?            
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur ; je ne peux pas dire que j’ai vu ça.
     Sénateur SMITH.  Que pouvez-vous dire en ce qui concerne leur réluctance à embarquer ?
     Mr. BOXHALL.  Je n’ai pas relevé ça, non plus.
     Sénateur SMITH.  Y avait-il beaucoup de gens sur le pont des embarcations quand vous êtes monté dans ce canot ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Y avait-il qui que ce soit ?
     Mr. BOXHALL.  Il y avait quelques gens autour de l’autre canot.
     Sénateur SMITH.  Quelqu’un que vous connaissiez ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne l’ai pas remarqué.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous vu Mr. Ismay à ce moment ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur. La dernière fois que j’ai vu Mr. Ismay était un petit moment avant que je quitte le navire dans mon canot.
     Sénateur SMITH.  Avant que vous partiez ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Et vous ne l’avez pas vu après ça ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous vu Mr. Lightoller à ce moment – quand vous êtes monté, j’entends ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur. J’ai vu Mr. Wilde.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous vu Mr. Lowe ou Mr. Pitman à ce moment ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous vu Mr. Murdock à ce moment ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; seulement Mr. Wilde et le capitaine.
     Sénateur SMITH.  Où était le capitaine ?
     Mr. BOXHALL.  Le capitaine se trouvait près de ce canot de secours.
     Sénateur SMITH.  Celui dans lequel vous êtes monté ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  À quelle distance ?
     Mr. BOXHALL.  Il se tenait près de la porte de la timonerie, juste au niveau de ce canot.
     Sénateur SMITH.  Près de la porte de la timonerie, juste au niveau de ce canot ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Que faisait-il ?
     Mr. BOXHALL.  Il supervisait le chargement des canots, je pense.
     Sénateur SMITH.  Il chargeait ?
     Mr. BOXHALL.  Supervisait les passagers placés dans le canot.
     Sénateur SMITH.  Vous a-t-il dit d’embarquer ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Qu’a-t-il dit ?
     Mr. BOXHALL.  Il m’a dit que je devais monter dans ce canot et partir.
     Sénateur SMITH.  Est-ce qu’un autre officier est monté dans ce canot ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Un autre membre de l’équipage ?
     Mr. BOXHALL.  Un homme était à bord.
     Sénateur SMITH.  Qui était-ce ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne connais pas son nom, monsieur ; j’ai oublié.
     Sénateur SMITH.  Quelle est sa profession ?
     Mr. BOXHALL.  Marin.
     Sénateur SMITH.  Mais vous ne savez pas qui c’était ?
     Mr. BOXHALL.  Il y avait un marin, un steward, et un cuisinier ; c’est tout.
     Sénateur SMITH.  Il y avait quatre hommes dans ce canot ?
     Mr. BOXHALL.  Et un passager.
     Sénateur SMITH.  Un marin, un steward, un cuisinier, vous-même et un passager masculin ?
     Mr. BOXHALL.  Un passager masculin.
     Sénateur SMITH.  Qui était ce passager ?
     Mr. BOXHALL.  C’était un passager du salon qui ne parlait pas Anglais. Il avait une barbe noire.
     Sénateur SMITH.  Un homme de quel âge, en apparence ?
     Mr. BOXHALL.  Un homme d’âge moyen.
     Sénateur SMITH.  Avait-il l’air d’avoir une famille ici ?
     Mr. BOXHALL.  Je crois qu’il y avait sa femme, et des enfants.
     Sénateur SMITH.  Est-elle montée ?
     Mr. BOXHALL.  Le canot était déjà chargé ; je n’ai pas vu les passagers y être embarqués.
     Sénateur SMITH.  Le canot était plein ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, il me semblait assez plein. L’ordre a été donné d’affaler les canots quand j’ai été envoyé à bord.
     Sénateur SMITH.  Combien de temps était-ce avant que le navire coule ?
     Mr. BOXHALL.  Pour autant que je puisse en juger, il me semble que c’était 20 minutes à une demi-heure.
     Sénateur SMITH.  Avant que le navire coule ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous vu le capitaine après ça ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Pas du tout ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  À quelle distance du navire étiez-vous quand il a coulé ?
     Mr. BOXHALL.  Je suppose que j’étais à environ un demi mile.
     Sénateur SMITH.  En allant dans quelle direction ?
     Mr. BOXHALL.  En laissant les avirons au repos.
     Sénateur SMITH.  Est-ce que tous les hommes du canot maniaient les avirons ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.           
     Sénateur SMITH.  Est-ce qu’une femme a manié les avirons ?
     Mr. BOXHALL.  Je maniais un aviron et une femme m’y assistait. Mais elle n’avait pas été obligée de le faire ; on ne lui avait pas demandé.
     Sénateur SMITH.  Savez-vous qui c’était ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous appris après-coup qui c’était ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; je ne l’ai pas découvert, du tout.
     Sénateur SMITH.  Vous ne lui avez pas demandé de faire ça, vous dites ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  C’était un service volontaire ?
     Mr. BOXHALL.  Un service volontaire.
     Sénateur SMITH.  Vous laissiez reposer les avirons à environ un demi mile de l’endroit où le navire a coulé ?
     Mr. BOXHALL.  Environ un demi mile.
     Sénateur SMITH.  Quand vous avez quitté le flanc du navire, y a-t-il eu d’autres gens tentant de monter dans votre canot ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Homme ou femme ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Alors que vous partiez du flanc du navire, avez-vous vu quiconque dans l’eau ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; pas du tout.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous rencontré qui que ce soit dans l’eau, en tout, après être entré dans le canot ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Êtes-vous jamais retourné vers le Titanic après avoir quitté son flanc ?
     Mr. BOXHALL.  J’ai ramé autour de la poupe du navire et avais l’intention de revenir le long, et ai essayé de voir si je pouvais m’aligner avec le navire à nouveau.         
     Sénateur SMITH.  Dans quel but ?
     Mr. BOXHALL.  Je me suis rendu compte que je pouvais prendre environ trois personnes de plus dans le canot en toute sécurité.
     Sénateur SMITH.  Qui vous a fait cette suggestion, quelqu’un ?
     Mr. BOXHALL.  Non.
     Sénateur SMITH.  Est-ce que la suggestion venait d’une passagère, ou l’avez-vous fait de vous-même ?
     Mr. BOXHALL.  Je l’ai fait de mon propre chef. J’étais en charge du canot.
     Sénateur SMITH.  Et vous l’avez ramené près du navire, à quel point ?
     Mr. BOXHALL.  J’ai gardé une petite distance avec le navire.
     Sénateur SMITH.  Quelle distance ?
     Mr. BOXHALL.  Eh bien, probablement une centaine de yards ou quelque chose comme ça.
     Sénateur SMITH.  Est-ce que quelqu’un a tenté de monter dans le canot ?
     Mr. BOXHALL.  Non. Oh, non ; il n’y a pas eu de cohue.
     Sénateur SMITH.  Et avez-vous hélé des gens pour les faire venir ?
     Mr. BOXHALL.  Non. J’espérais pouvoir revenir le long du navire.
     Sénateur SMITH.  Pourquoi n’êtes-vous pas allé plus près ?
     Mr. BOXHALL.  Parce que quand je me suis rapproché à ce point j’ai pensé qu’il n’était pas sage d’aller plus près, et je l’ai exposé aux gens –
     Sénateur SMITH.  Plus sage pourquoi ?
     Mr. BOXHALL.  Parce qu’il n’y avait qu’un homme qui comprenait mes ordres concernant la direction d’un canot.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous senti que vous étiez en danger à cause de la succion ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Y avait-il une succion ?
     Mr. BOXHALL.  Oui ; je crois qu’il y avait un peu de succion.
     Sénateur SMITH.  À quel point ?
     Mr. BOXHALL.  Le canot semblait être entraîné plus près du navire. Je crois, moi-même, qu’il y avait plus de succion quand le navire restait stable et immobile. C’était peu après que nous avons été affalés dans notre canot. Je pense qu’il y avait alors plus de succion qu’il n’y en a eu quand il a réellement coulé, car j’avais pris de la distance à ce moment.
     Sénateur SMITH.  Vous n’étiez pas assez proche pour savoir réellement quelle était la succion quand il a réellement coulé, ou alors qu’il coulait réellement ?
     Mr. BOXHALL.  Non.
     Sénateur SMITH.  Dans les faits, il n’y avait pas tant de succion, n’est-ce pas ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; je ne pense pas qu’il y a eu la succion que les gens ont pensé qu’il y avait. J’ai été très surpris, moi-même.
     Sénateur SMITH.  Vous étiez plutôt surpris, et tous ces officiers ont été plutôt surpris, n’est-ce pas, qu’il y ait eu si peu de succion ?
     Mr. BOXHALL.  De ce que j’ai entendu dire, cela semble avoir été une surprise générale pour tout le monde qu’il y ait eu si peu de succion.
     Sénateur SMITH.  Savez-vous qui était le passager qui était dans le canot – l’homme ?
     Mr. BOXHALL.  Non.
     Sénateur SMITH.  L’avez-vous jamais revu depuis ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; jamais.
     Sénateur SMITH.  Vous ne l’avez pas vu à bord du Carpathia ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur. Il y avait là une femme à qui j’avais demandé de guider le canot selon mes ordres. Je lui demandais de déplacer le gouvernail vers elle ou de l’éloigner.
     Sénateur SMITH.  Était-ce Mrs. Douglas ?
     Mr. BOXHALL.  Mrs. Douglas, et elle m’a grandement aidé en faisant ça.
     Sénateur SMITH.  Donc vous étiez dans le canot de Mrs. Douglas ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur  Smith. L’avez-vous revue après ?
     Mr. BOXHALL.  Oui ; à bord du Carpathia.
     Sénateur SMITH.  Et vous avez parlé avec elle ?
     Mr. BOXHALL.  Oui ; j’ai eu une conversation avec elle.
     Sénateur SMITH.  L’avez-vous vue depuis ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Son mari n’a pas survécu ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; en effet.
     Sénateur SMITH.  Elle a pris la barre du canot et l’a dirigé ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Et vous avez ramé avec un aviron ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Savez-vous, par rapport aux autres canots, quand le vôtre a atteint le flanc du Carpathia ?
     Mr. BOXHALL.  Oui ; c’était le premier arrivé.
     Sénateur SMITH.  Qui est la première personne à être sortie de votre canot ?
     Mr. BOXHALL.  Ça, je ne sais pas.
     Sénateur SMITH.  Vous ne vous souvenez pas si c’était Mrs. Douglas ou vous-même –
     Mr. BOXHALL.  Ce n’était pas moi, car j’ai pris tout le monde en charge avant de sortir.
     Sénateur SMITH.  Est-ce que vous êtes monté sur une petite passerelle sur le côté du Carpathia ?
     Mr. BOXHALL.  Non.
     Sénateur SMITH.  Sur des petites marches qui montaient sur le côté ?
     Mr. BOXHALL.  Il y avait une échelle le long du flanc.
     Sénateur SMITH.  Une échelle directe ?
     Mr. BOXHALL.  Oui ; une échelle directe.
     Sénateur SMITH.  Et vous avez aidé les passagers à monter cette échelle ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, j’ai passé une corde par-dessus leur tête ; ai passé leurs bras dans une corde, et les ai aidés à monter de cette manière.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous fait sortir tous les passagers de votre canot ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, tout le monde.
     Sénateur SMITH.  À bord du Carpathia ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Pouvez-vous donner l’heure où vous êtes arrivé au flanc ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur. Ils m’ont dit après coup à bord du Carpathia que c’était vers 4 heures 10, approximativement.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous ramé ou laissé reposer les avirons du moment où vous avez quitté le Titanic jusqu’à –
     Mr. BOXHALL.  Non ; j’ai exposé des feux verts la plupart du temps. J’ai allumé des lumières pyrotechniques sur le canot.
     Sénateur SMITH.  Votre canot était équipé de feux ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Est-ce que d’autres canots étaient équipés ainsi, ou avez-vous vu des feux de cette sorte sur d’autres canots ?
     Mr. BOXHALL.  Pas de cette sorte ; non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Entre le moment où vous avez quitté le Titanic et celui ou vous avez atteint le Carpathia, j’entends ?
     Mr. BOXHALL.  Non.
     Sénateur SMITH.  Donc vous ne pouvez pas nous dire exactement quand votre canot a été affalé ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Quel est l’effectif complet pour un canot de la taille de celui où vous étiez, quand il est affalé et pourvu pour une urgence – l’effectif officiel ?
     Mr. BOXHALL.  Vous ne voulez pas dire pour « Un homme à la mer » ou quelque chose comme ça ?
     Sénateur SMITH.  Non ; quelle est la règle concernant la conduite des canots, combien de marins ou de matelots ou d’officiers doivent normalement prendre charge d’un canot dans un tel cas d’urgence ?
     Mr. BOXHALL.  Eh bien, on veut au moins deux hommes.
     Sénateur SMITH.  Au moins deux ?
     Mr. BOXHALL.  Deux hommes qui comprennent les ordres dans un canot pour ramer, et un homme pour donner les ordres et barrer.
     Sénateur SMITH.  Et combien y en avait-il dans votre canot – quatre ?
     Mr. BOXHALL.  J’avais trois hommes pour ramer, et moi-même.
     Sénateur SMITH.  Et vous-même pour les signaux ; et le passager ?
     Mr. BOXHALL.  Eh bien, le passager n’a pas fait grand-chose.
     Sénateur SMITH.  Il ne pouvait pas ?
     Mr. BOXHALL.  Il ne l’a pas fait.
     Sénateur SMITH.  Savez-vous de votre propre connaissance combien d’hommes Mr. Lightoller a fait monter dans le premier canot qu’il a affalé du côté bâbord ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur ; je ne sais pas.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous vu le Titanic couler ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; je ne peux pas dire que je l’ai vu couler. J’ai vu les lumières s’éteindre, et j’ai regardé deux ou trois minutes après et il était 2 heures 25. Donc j’en ai déduit que quand il a coulé il devait être vers 2 heures 20.
     Sénateur SMITH.  À quelle distance étiez-vous de lui à ce moment ?
     Mr. BOXHALL.  Je dirais que nous étions à environ trois quarts de mile de lui.
     Sénateur SMITH.  Donc vous étiez incapable de voir ce qui se produisait sur le Titanic ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous eu une discussion avec Mr. Ismay cette nuit-là ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Où ?
     Mr. BOXHALL.  À bord du navire.
     Sénateur SMITH.  À quelle heure ?
     Mr. BOXHALL.  Sur la passerelle, probablement dix minutes ou un quart d’heure avant que je parte dans le canot.
     Sénateur SMITH.  Sur la passerelle, environ dix minutes ou un quart d’heure avant que vous descendiez dans un canot ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Le connaissiez-vous personnellement ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Depuis combien de temps le connaissiez-vous ?
     Mr. BOXHALL.  Je le connaissais de vue depuis environ trois ans. Il avait déjà fait la traversée sur plusieurs navires où j’étais.
     Sénateur SMITH.  Et que vous a-t-il dit ?
     Mr. BOXHALL.  Il m’a demandé pourquoi je ne faisais pas monter les gens dans les canots et ne partais pas.
     Sénateur SMITH.  Que lui avez-vous dit ?
     Mr. BOXHALL.  Je lui ai dit que l’équipage du canot était prêt, et que le canot était prêt à partir quand le capitaine donnerait l’ordre.
     Sénateur SMITH.  Et l’ordre n’avait pas encore été donné ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Est-ce tout ce qui a été dit ?
     Mr. BOXHALL.  C’est tout.
     Sénateur SMITH.  Est-ce qu’il a dit quelque chose à propos de lui ? 
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur ; il est parti, ensuite.
     Sénateur SMITH.  Qui était avec lui à ce moment ?
     Mr. BOXHALL.  Il était seul à ce moment.
     Sénateur SMITH.  L’avez-vous vu sur le pont des embarcations ou sur la passerelle quand vous êtes entré dans le canot ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; je ne peux pas dire que je l’ai vu.
     Sénateur SMITH.  De quel côté se trouvait le canot où vous étiez ?
     Mr. BOXHALL.  Le côté bâbord.
     Sénateur SMITH.  Est-ce que Mr. Lightoller était-là ?
     Mr. BOXHALL.  Je n’ai pas vu Mr. Lightoller.
     Sénateur SMITH.  Était-il du côté bâbord ?     
     Mr. BOXHALL. Oui. Je pense que la plupart du temps où j’ai vu Mr. Lightoller il travaillait de ce côté, mais dans la dernière partie je ne l’ai pas vu.
     Sénateur SMITH.  Savez-vous s’il avait la responsabilité de ce côté pour le chargement des canots ?
     Mr. BOXHALL.  Eh bien, je ne sais pas s’il avait la responsabilité quand le chef officier était là ; le chef officier, j’entends, était là quand mon canot est parti.
     Sénateur SMITH.  Parlez-vous du capitaine quand vous dites le chef officier ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; je parle du chef officier, Mr. Wilde.
     Sénateur SMITH.  Le capitaine était aussi là ?
     Mr. BOXHALL. Oui ; mais Mr. Wilde supervisait le chargement des canots.
     Sénateur SMITH.  Mr. Wilde supervisait l’affalement des canots du côté bâbord ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne dis pas des canots du côté bâbord ; je dis qu’il a supervisé le canot où j’étais.
     Sénateur SMITH.  Ce canot était du côté bâbord ?
     Mr. BOXHALL.  C’était du côté bâbord.
     Sénateur SMITH.  Donc si Mr. Lightoller a pris la responsabilité du côté bâbord pour affaler ces canots il l’a fait après votre départ ?
     Mr. BOXHALL.  Il a travaillé du côté bâbord la plupart du temps dès le premier. Je n’ai jamais vu Mr. Lightoller du côté tribord. Chaque fois que je l’ai vu c’était à bâbord.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous vu Mr. Murdock ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Du côté tribord ?
     Mr. BOXHALL.  J’ai vu Mr. Murdock à bâbord par moments.
     Sénateur SMITH.  Mais vous ne savez pas s’il avait la responsabilité des canots du côté tribord ou pas ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; je ne sais pas.
     Sénateur SMITH.  Vous dites que vous n’avez pas vu Mr. Ismay après l’avoir vu sur la passerelle et avant que l’ordre a été donné de dégager les canots ou de les affaler ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne l’ai pas vu ; non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Quand l’avez-vous vu ensuite ?
     Mr. BOXHALL.  Quand il est arrivé dans le canot pliant le long du Carpathia.
     Sénateur SMITH.  Savez-vous quel canot c’était ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne connais pas de numéro ; c’était un canot pliant. 
     Sénateur SMITH.  Combien de temps après votre arrivée sont-ils apparus à côté du Carpathia ?
     Mr. BOXHALL.  C’était l’un des derniers canots à arriver.
     Sénateur SMITH.  Et c’était un canot pliant ?
     Mr. BOXHALL.  Oui ; c’était un canot pliant.
     Sénateur SMITH.  Vous connaissez son numéro ?
     Mr. BOXHALL. Je ne lui connais aucun numéro.
     Sénateur SMITH.  Savez-vous qui était dedans ?
     Mr. BOXHALL.  Mr. Carter était dedans. J’ai vu Mr. Carter.
     Sénateur SMITH.  Qui était Mr. Carter ?
     Mr. BOXHALL.  Un passager.
     Sénateur SMITH.  Où vit-il ?
     Mr. BOXHALL.  Je n’en ai pas la moindre idée.
     Sénateur SMITH.  Est-il américain ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne sais pas ça, non plus.
     Sénateur SMITH.  Est-ce que Mr. Carter était dans le même canot que Mr. Ismay ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Y avait-il d’autres hommes dans ce canot ?
     Mr. BOXHALL.  Oui ; j’ai vu quelques hommes qui m’ont eu l’air de Philippins.
     Sénateur SMITH.  Des étrangers ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Combien ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne sais pas s’il y en avait trois ou quatre.
     Sénateur SMITH.  Y avait-il des femmes ou des enfants dans ce canot ?
     Mr. BOXHALL.  Oui ; il en était plein.
     Sénateur SMITH.  Combien étaient dans le canot ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne dirais pas qu’il était plein de femmes et enfants. Maintenant que j’y pense, il y avait là un étranger, un passager d’entrepont qui ne parlait pas Anglais – un homme.
     Sénateur SMITH.  Combien de ces Philippins y avait-il ?
     Mr. BOXHALL.  Trois ou quatre.
     Sénateur SMITH.  Et Mr. Ismay, Mr. Carter, et cet étranger qui ne parlait pas Anglais ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Y avait-il d’autres hommes ici ?
     Mr. BOXHALL.  Pas que je sache ; je ne peux pas dire. Je n’ai pas fait autant attention. Je ne me suis pas arrêté pour regarder quels hommes étaient dans les canots ou qui ils étaient ; il s’est juste trouvé que je les ai vu passer.
     Sénateur SMITH.  Exactement ; mais vous pouviez voir qui tenait les avirons ou propulsait le canot ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur ; je n’ai pas pris note de ça.
     Sénateur SMITH.  Environ combien de temps après votre arrivée les autres canots sont-ils arrivés ?
     Mr. BOXHALL.  Le premier canot n’est pas arrivé avant au moins une demi-heure après mon arrivée sur place.
     Sénateur SMITH.  Vous êtes arrivé là et il y a eu une demi-heure de battement ?
     Mr. BOXHALL.  Oui ; et ensuite j’ai vu passer les équipages de deux ou trois canots par la même entrée avant que Mr. Ismay arrive.
     Sénateur SMITH.  Faisait-il jour ?
     Mr. BOXHALL.  Il faisait tout à fait jour ; oui.
     Sénateur SMITH.  Le Carpathia était-il en mouvement ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur ; pas à ce moment.
     Sénateur SMITH.  À quelle distance pensez-vous qu’il était du lieu où le Titanic a coulé ?
     Mr. BOXHALL.  Quand ça, monsieur ?
     Sénateur SMITH.  Quand le canot de Mr. Ismay est apparu.
     Mr. BOXHALL.  Je ne pourrais pas dire ça, non plus, car nous avons ramé un petit moment, alors que le Carpathia venait vers nos feux verts.
     Sénateur SMITH.  Il a vu vos feux ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Dans les faits, y avait-il d’autres feux visibles sur les canots à l’exception de votre canot ?
     Mr. BOXHALL.  J’ai vu les feux de certains canots, mais les feux habituels des canots. C’était des lampes très faibles et petites.
     Sénateur SMITH.  Si tous ces canots avaient été éclairés, cela vous aurait fait une certaine impression, non ?
     Mr. BOXHALL.  Éclairés de la même façon –
     Sénateur SMITH.  De la même façon que le vôtre ?
     Mr. BOXHALL.  Mais c’était une boîte de feux verts qui se trouvait avoir été jetée dans le canot.
     Sénateur SMITH.  Accidentellement ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur ; pas accidentellement.
     Sénateur SMITH.  Intentionnellement.
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur ; car j’ai dit à l’homme de les y mettre.
     Sénateur SMITH.  Cela faisait partie de l’équipement du canot ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; cela ne faisait pas partie de l’équipement ; mais je lui ai dit de les y mettre pour quiconque pourrait les trouver.
     Sénateur SMITH.  Je vois. Et quand le canot a été affalé vous les avez allumés ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Émettaient-ils une lumière brillante ?
     Mr. BOXHALL.  Oui ; une lumière très brillante.
     Sénateur SMITH.  Vous pensez que le Carpathia s’est dirigé vers ces feux ?
     Mr. BOXHALL.  Ils l’ont fait.
     Sénateur SMITH.  Et vous dites que c’est la raison pour laquelle ils vous ont atteint en premier ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous relevé des feux brûlant sur l’un des autres canots quand vous avez embarqué sur le Carpathia ? Je suppose que vous observiez ces canots.
     Mr. BOXHALL.  Quand j’ai embarqué sur le Carpathia, non.
     Sénateur SMITH.  Aucun autre feu n’était visible sur les autres canots ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; car il faisait jour. Il faisait jour avant que j’ai fait monter mes passagers sur le navire.
     Sénateur SMITH.  Bon, c’est très bien. Mais clarifions juste un peu plus cette histoire de feux, pour que nous ayons un procès-verbal précis sur ce point. Pouvez-vous dire de votre propre connaissance si un autre canot que le vôtre avait des feux en train de brûler à son bord quand il est arrivé le long du Carpathia ou juste avant son arrivée ?
     Mr. BOXHALL.  J’ai vu quelques canots – en fait tous les canots – quand j’étais dans mon canot, qui avaient des lampes allumées à bord.
     Sénateur SMITH.  Qui avaient des lampes à bord ?
     Mr. BOXHALL.  Qui avaient des lampes à bord – avant que je voie le Carpathia.
     Sénateur SMITH.  Avant que vous voyiez le Carpathia ?
     Mr. BOXHALL. Oui
     Sénateur SMITH.  Où étaient placés ces feux ?
     Mr. BOXHALL.  Je n’étais pas assez près pour le voir.
     Sénateur SMITH.  Où se trouveraient-ils – à l’extrémité avant ?
     Mr. BOXHALL.  Généralement près de l’homme qui dirige le canot.
     Sénateur SMITH.  À l’arrière du gouvernail ?
     Mr. BOXHALL.  Dans le fond du canot, pas à l’arrière du gouvernail.
     Sénateur SMITH.  Je ne veux pas dire à l’arrière du gouvernail, mais à l’arrière près du gouvernail ?
     Mr. BOXHALL.  Juste dans le fond du canot. Je pouvais voir le reflet des lumières ; je n’ai pas vu les feux eux-mêmes.
     Sénateur SMITH.  Mais vous n’êtes pas prêt à dire qu’ils avaient tous des feux allumés, n’est-ce pas ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; pas qu’ils avaient tous des feux allumés, mais j’en ai vus certains.
     Sénateur SMITH.  À présent, Mr. Boxhall, avez-vous personnellement sympathisé avec l’un des passagers américains du bateau ?          
     Mr. BOXHALL.  Sur quel bateau ?
     Sénateur SMITH.  Sur le Titanic.
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur ; pas jusqu’après l’accident. Après que nous sommes montés sur le Carpathia j’en ai rencontré un ou deux.
     Sénateur SMITH.  Mais vous étiez au courant à tout moment entre Southampton et le lieu de cet accident de la présence à bord d’un grand nombre d’Américains ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous appris à aucun moment de qui il s’agissait ? 
     Mr. BOXHALL.  Oui ; en parcourant la liste des passagers.
     Sénateur SMITH.  Pouvez-vous nous dire des noms dont vous vous rappelez particulièrement ?
     Mr. BOXHALL.  Oui ; je me souviens que le Colonel Astor et sa femme étaient à bord.
     Sénateur SMITH.  Vous vous souvenez que vous avez vu le nom du Colonel Astor sur cette liste ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  L’avez-vous personnellement vu ou sa femme ? 
     Mr. BOXHALL.  Je l’ai vu marcher sur le pont supérieur.
     Sénateur SMITH.  Saviez-vous qui c’était ?
     Mr. BOXHALL.  Un des officiers – je crois que c’était un des officiers qui me l’a dit.
     Sénateur SMITH.  D’autres Américains ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; je n’en connais pas d’autre que je pourrais nommer.
     Sénateur SMITH.  Et des Canadiens d’importance ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Ou d’autres passagers d’importance, ou tout autre passager dont vous vous souvenez du nom ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; je ne me souviens pas de leurs noms.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous vu le Colonel Astor après que cette collision s’est produite ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Ou sa femme ?
     Mr. BOXHALL.  Je n’ai jamais vu sa femme, du tout.
     Sénateur SMITH.  Savez-vous dans quelle partie du navire ils étaient ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur ; je n’en ai pas la moindre idée.
     Sénateur SMITH.  J’entends en ce qui concerne leurs quartiers.
     Mr. BOXHALL.  Oui ; je comprends bien ce que vous voulez dire.
     Sénateur SMITH.  Étiez-vous au courant de la présence d’autres Américains que ceux que vous avez mentionnés spécifiquement ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Environ combien de temps, si vous vous en souvenez, avant d’atteindre le flanc du Carpathia avez-vous vu ces lumières s’éteindre sur le Titanic ?
     Mr. BOXHALL.  Avant que j’embarque sur le Carpathia vous dites ?
     Sénateur SMITH.  Oui.
     Mr. BOXHALL.  Avant que j’embarque sur le Carpathia. Bon, les lumières du Titanic semblent avoir disparu un temps considérable avant que j’embarque sur le Carpathia, car j’ai vu les feux du Carpathia pendant un temps considérable.
     Sénateur SMITH.  Après que vous avez embarqué sur le Carpathia durant cette aube, lundi matin, ou après que vous avez quitté le flanc du Titanic, avez-vous vu des icebergs ?
     Mr. BOXHALL.  Pas avant que je me retrouve à deux ou trois longueurs de navire du Carpathia ; quand j’ai vu que ses machines étaient arrêtées – alors j’ai vu des icebergs ; le jour se levait tout juste à ce moment.
     Sénateur SMITH.  Où étaient-ils ?
     Mr. BOXHALL.  Près du Carpathia.
     Sénateur SMITH.  Près comment ?
     Mr. BOXHALL.  Il semblait s’être arrêté à un demi mile ou un quart de mile de l’iceberg.
     Sénateur SMITH.  Combien en avez-vous vus ?
     Mr. BOXHALL.  De nombreux icebergs. Je les ai vus quand le jour s’est levé.
     Sénateur SMITH.  Environ combien ?
     Mr. BOXHALL.  Je préférerais ne pas l’estimer.
     Sénateur SMITH.  Plus de deux?
     Mr. BOXHALL.  Certainement plus de deux. Quelques icebergs.
     Sénateur SMITH.  C’est-à-dire quatre ou cinq ou six ?
     Mr. BOXHALL.  Et un champ de glace. Je pouvais voir un champ de glace à perte de vue.
     Sénateur SMITH.  Quelle taille faisaient ces icebergs ?
     Mr. BOXHALL.  Eh bien, je n’en ai pas vu que je considérerais comme de gros icebergs – pas comme ceux qu’on voit sur la ligne canadienne.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous entendu le capitaine du Carpathia témoigner vendredi dernier dans la matinée à New York ?
     Mr. BOXHALL.  J’étais là quand il a commencé, mais je ne suis pas resté dans la salle du comité.
     Sénateur SMITH.  L’avez-vous entendu dire qu’il a vu des icebergs lundi matin, ou un iceberg, de près de 200 pieds de haut ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur ; je ne l’ai pas entendu dire ça.
     Sénateur SMITH.  Vous dites que vous étiez à environ un demi mile d’un iceberg et que le Carpathia était à cette distance d’un autre ?
     Mr. BOXHALL.  Oui ; je dirais qu’il était à bien moins qu’un demi mile d’un iceberg quand j’ai embarqué.
     Sénateur SMITH.  Comment cet iceberg vous a-t-il paru ? J’entends par sa couleur ?
     Mr. BOXHALL.  Blanc.
     Sénateur SMITH.  Ils avaient tous l’air d’avoir la même couleur ?
     Mr. BOXHALL.  Ils m’avaient tous l’air blanc, dans la lumière du soleil.
     Sénateur SMITH.  Le soleil était levé, donc ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; mais une fois qu’il s’est levé ils avaient l’air blancs.
     Sénateur SMITH.  Tôt le matin, à l’aube – au lever du soleil ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; à l’aube ils avait l’air assez noirs.
     Sénateur SMITH.  C’est après le lever du soleil que vous êtes arrivé au flanc du Carpathia ?
     Mr. BOXHALL.  Le soleil se levait. Je ne les ai vus que peu avant que je monte sur le Carpathia.
     Sénateur SMITH.  Voulez-vous corriger votre déclaration pour dire qu’ils semblaient blancs la dernière fois que vous les avez-vus ?
     Mr. BOXHALL.  Ils n’étaient pas blancs la première fois que je les ai vus.
     Sénateur SMITH.  Comment étaient-ils?
     Mr. BOXHALL.  Ils avaient l’air noir.
     Sénateur SMITH.  Après que vous avez embarqué sur le Carpathia, alors qu’il naviguait autour du lieu du naufrage, avez-vous vu d’autres icebergs ?
     Mr. BOXHALL.  Oh, oui.
     Sénateur SMITH.  Combien ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne pourrais le dire. Il y avait de nombreux icebergs ; c’est le moyen le plus facile ou le meilleur moyen de le dire.
     Sénateur SMITH.  Est-ce que vous distinguiez un iceberg et un growler, ou est-ce qu’il s’agit de la même chose en langage de marins ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, je fais la distinction entre un iceberg et un growler.
     Sénateur SMITH.  Donnez-nous cette distinction.
     Mr. BOXHALL.  Comme je le comprends, un growler est un iceberg peu élevé.
     Sénateur SMITH.  En partie submergé ?
     Mr. BOXHALL. Ils sont tous submergés ; mais j’entends par là un qui se tient, il peut être, très largement à la surface de l’eau, mais pas haut ; il peut être gros ou il peut être petit, mais il est peu élevé.
     Sénateur SMITH.  Et plus il grandit –
     Mr. BOXHALL.  Alors il devient un iceberg ?
     Sénateur SMITH.  Il y a un autre type de glace que vous rencontrez –
     Mr. BOXHALL.  Le champ de glace.
     Sénateur SMITH.  Au large des Grands Bancs.
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Qu’est-ce ?
     Mr. BOXHALL.  Un champ de glace est un gros tas de glace tout ensemble.
     Sénateur SMITH.  Comme un radeau ?
     Mr. BOXHALL.  Oui ; pas éloigné d’un radeau, je dirais. C’est une large étendue de glace couvrant l’eau.
     Sénateur SMITH.  Au niveau de la surface ?
     Mr. BOXHALL.  Non, un peu au-dessus de la surface.
     Sénateur SMITH.  S’élevant au-dessus de la surface ?
     Mr. BOXHALL. Juste un peu au-dessus de la surface.
     Sénateur SMITH.  Et c’étendant sur une zone de quelle taille ? Je suppose qu’ils varient, mais une zone de quelle taille avez-vous vue recouverte ?
     Mr. BOXHALL.  De glace ?
     Sénateur SMITH.  De glace, en mer, à proximité des Grands Bancs.
     Mr. BOXHALL.  C’était la première fois que je voyais un champ de glace sur les Grands Bancs.
     Sénateur SMITH.  Vous n’en aviez jamais vu sur les Grands Bancs avant ?
     Mr. BOXHALL.  Non.
     Sénateur SMITH.  Et vous étiez déjà allé sur les Grands Bancs avant ?
     Mr. BOXHALL.  Oh, oui.
     Sénateur SMITH.  À quelle fréquence ?
     Mr. BOXHALL.  Je parcours la route de New York depuis mes 19 ans.
     Sénateur SMITH.  Et vous n’avez jamais vu un champ de glace ?
     Mr. BOXHALL.  J’ai vu des icebergs, mais je n’ai jamais vu un champ de glace avant.
     Sénateur SMITH.  Le navire était-il sur sa route habituelle ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Aviez-vous déjà fait une traversée à cette période de l’année auparavant ?
     Mr. BOXHALL.  Oh, oui ; de nombreuses fois.
     Sénateur SMITH.  Pouvez-vous nous dire quelle est la théorie des navigateurs sur la provenance des icebergs et growlers et champs de glace ?
     Mr. BOXHALL.  De ce que je comprends, ils viennent de la région de l’Arctique.
     Sénateur SMITH.  De quoi sont-ils composés, si vous le savez ?
     Mr. BOXHALL.  Certaines personnes qui ont été très près d’eux m’ont dit qu’il y avait du sable et du gravier et des cailloux et des choses de ce genre à l’intérieur.
     Sénateur SMITH.  Des cailloux et autres substances ?
     Mr. BOXHALL.  Et de la terre. Je n’ai jamais été assez près pour le voir.
     Sénateur SMITH.  Je suppose que vous parlez d’icebergs, quand vous dites ça ?
     Mr. BOXHALL.  Des icebergs ; oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Et ces icebergs sont censés venir des régions de l’Arctique ?
     Mr. BOXHALL.  Oui ; je le crois.
     Sénateur SMITH.  Et ils dérivent jusqu’en haute mer ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Jusqu’où à l’est en avez-vous vu ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne sais pas jusqu’où j’en ai vu à l’est. Cela fait de nombreuses années que je n’en avais pas vu du tout, jusqu’à ce moment.
     Sénateur SMITH.  Il est bien compris par les marins et navigateurs qu’ils sont plus fréquents à la latitude des Grands Bancs ?
     Mr. BOXHALL.  Vers 50 ouest ; de 47 à 50 ouest, je pense, aussi précisément que je peux m’en rappeler.
     Sénateur SMITH.  On sait qu’ils existent de 47 à 50 ouest ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Et il est habituel d’être particulièrement attentif dans cette région ?
     Mr. BOXHALL.  Oh, oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Bien, comment se fait-il que dans une région identique il n’a pas été jugé nécessaire d’accroître la veille ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne sais pas. La veille a pu être accrue ; je ne peux le dire. J’étais occupé durant le plus gros de mon quart dans la salle des cartes, à faire des calculs.
     Sénateur SMITH.  Pour ce que vous savez de votre propre connaissance, elle ne l’a pas été ?
     Mr. BOXHALL.  Je n’ai pas entendu dire que des vigies supplémentaires avaient été signalées.
     Sénateur SMITH.  Vous n’avez pas vu d’officiers supplémentaires, à l’avant du pont de la passerelle ?
     Mr. BOXHALL.  Non.
     Sénateur SMITH.  Combien de distance a été parcourue par le Carpathia lundi avant qu’il soit hors de vue des icebergs ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne pourrais le dire.
     Sénateur SMITH.  Vous n’observiez pas la situation ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Entre le moment où vous avez quitté le Titanic et le moment où le matin s’est levé avez-vous vu des icebergs ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur ; mais je sais qu’ils étaient là.
     Sénateur SMITH.  Vous saviez qu’ils étaient là ?
     Mr. BOXHALL.  Oui ; monsieur.
     Sénateur SMITH.  Des growlers ?
     Mr. BOXHALL.  Je n’ai rien vu ; mais j’ai entendu l’eau sur la glace dès que les lumières se sont éteintes sur le navire.
     Sénateur SMITH.  Cette eau, vous pensez, était sur la glace, une fois que le navire a coulé ? C’est-à-dire, vous pouviez entendre quelque chose ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Dans ces environs ?
     Mr. BOXHALL.  Un peu après que les lumières du navire se sont éteintes et que les cris se sont poursuivis, ensuite j’ai compris que nous étions près de glaces.
     Sénateur SMITH.  Vous pouviez l’entendre ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Est-ce que votre déclaration concerne aussi le champ de glace ?
     Mr. BOXHALL.  Oui ; il concerne toutes les glaces, monsieur. J’ai entendu l’eau gronder ou se briser sur la glace. J’ai alors su qu’il y avait beaucoup de glace dans les environs ; mais je ne pouvais pas la voir depuis le canot.
     Sénateur SMITH.  Savez-vous quelles précautions le capitaine du Carpathia a pris quand il s’est lui-même trouvé au milieu des glaces ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Savez-vous s’il a doublé sa veille ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne sais pas.
     Sénateur SMITH.  Il est reparti vers New York combien de temps après que tous les canots ont été remontés ?
     Mr. BOXHALL.  C’était approximativement, je dirais, bien en avant dans la matinée, quand il a mis le cap sur New York.
     Sénateur SMITH.  C’est-à-dire, 9 ou 10 heures ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; je pense que c’était bien après ça. Nous avons navigué autour des débris pendant un assez bon moment. Je n’ai pas relevé l’heure, mais ça doit avoir été assez tard dans la matinée.
     Sénateur SMITH.  Naviguant autour –
     Mr. BOXHALL.  Naviguant autour de la scène du drame.
     Sénateur SMITH.  Où étiez-vous quand ils naviguaient dans cette zone ?
     Mr. BOXHALL.  J’étais sur la passerelle pour quelques minutes, peu après que nous avons embarqué les canots.
     Sénateur SMITH.  Combien de temps ?
     Mr. BOXHALL.  Environ un quart d’heure, je pense.
     Sénateur SMITH.  Et vous êtes resté sur la passerelle du Carpathia après que les canots ont tous été embarqués ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous vu des corps flottant dans l’eau ?
     Mr. BOXHALL.  Je suis resté sur la passerelle jusqu’à ce qu’il parte directement pour New York. Je ne sais pas à quelle heure c’était.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous vu des corps en train de flotter ?
     Mr. BOXHALL.  J’ai vu un corps en train de flotter, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Celui d’un homme ou d’une femme ?        
     Mr. BOXHALL.  Un homme, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous vu distinctement son visage ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; je ne pouvais pas. Il avait un gilet de sauvetage sur lui.
     Sénateur SMITH.  Mort ?
     Mr. BOXHALL.  Oh, oui ; tout à fait mort.
     Sénateur SMITH.  Comment le savez-vous ?
     Mr. BOXHALL.  On pouvait le voir à la façon dont le corps se tenait.
     Sénateur SMITH.  Quelle est la position ordinaire d’un cadavre dans l’eau avec un gilet de sauvetage ?
     Mr. BOXHALL.  Le corps avait l’air comme si l’homme était étendu comme s’il s’était endormi avec son visage sur son bras.
     Sénateur SMITH.  Sur le côté ?
     Mr. BOXHALL.  Sur le côté.
     Sénateur SMITH.  Étiez-vous assez près pour décrire ses caractéristiques ?
     Mr. BOXHALL.  Pas du tout, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Est-ce le seul corps que vous avez vu ?
     Mr. BOXHALL.  C’est le seul corps que j’ai vu.
     Sénateur SMITH.  Le seul corps que vous avez vu mort ou vivant ?
     Mr. BOXHALL.  Oui ; mort ou vivant.
     Sénateur SMITH.  Il devait y avoir des centaines de corps dans l’eau autour du Titanic.
     Mr. BOXHALL.  Personne n’en a vu aucun, du tout.
     Sénateur SMITH.  Vous dites que tous avaient des gilets de sauvetage ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne me rappelle pas avoir vu quiconque sans gilet de sauvetage.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous connaissance de personnes ayant refusé de monter dans les canots ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; seulement par ouï-dire.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous entendu dire que de nombreuses personnes avaient refusé d’entrer dans les canots ?
     Mr. BOXHALL.  J’ai entendu à bord du Carpathia, que certains d’entre eux avaient refusé.
     Sénateur SMITH.  Bon, ceux à bord du Carpathia n’avaient pas refusé. Vous avez entendu dire que d’autres avaient refusé ?
     Mr. BOXHALL.  J’ai entendu que d’autres avaient refusé.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous entendu des noms de ceux qui ont refusé ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne sais pas. J’ai pu entendre les noms et ne pas les avoir notés, ne pas les savoir.
     Sénateur SMITH.  Pourriez-vous les répéter ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; je ne pourrais pas.
     Sénateur SMITH.  Aucun d’eux ?
     Mr. BOXHALL.  Non ; je ne pourrais pas.
     Sénateur SMITH.  Est-ce que certains noms que vous avez entendus étaient ceux de femmes autant que d’hommes ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne pourrais le dire.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous vu une personne – homme, femme ou enfant – qui a refusé de monter dans un canot ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous vu un homme, femme ou enfant à qui on a refusé la permission de monter dans un canot ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous vu un homme, femme ou enfant expulsé d’un canot ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous vu des hommes ou femmes tenter d’atteindre un canot pendant que vous étiez sur le pont ou quand votre canot était dans l’eau ?
     Mr. BOXHALL.  Vous voulez dire de s’y précipiter, ou d’y monter tranquillement ?
     Sénateur SMITH.  De se battre pour y monter ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur ; je ne l’ai pas vu.
     Sénateur SMITH.  Essayer d’y monter ou tenter d’y monter ?
     Mr. BOXHALL.  J’en ai vu plusieurs monter, mais tous ceux que j’ai vu essayer de monter sont montés.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous vu quelqu’un monter depuis l’eau ?
     Mr. BOXHALL.  Non.
     Sénateur SMITH.  Avez-vous vu quelqu’un dans l’eau tenter de monter ?
     Mr. BOXHALL.  Je n’ai vu personne dans l’eau. Il faisait sombre, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Donc vous ne pouviez voir personne ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne pouvais voir personne dans l’eau. Je les cherchais, gardant les yeux ouverts, mais je n’ai vu personne.
     Sénateur SMITH.  Si vous aviez vu quelqu’un dans l’eau, qu’auriez-vous fait ?
     Mr. BOXHALL.  Je les aurais aussitôt pris dans le canot.
     Sénateur SMITH.  Peu importe que la capacité était apparemment atteinte ou non ?
     Mr. BOXHALL.  Je les aurais pris dans le canot.
     Sénateur SMITH.  Vous ne les auriez pas laissés ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur.
     Sénateur SMITH.  Si vous aviez vu un homme ou une femme luttant dans l’eau –
     Mr. BOXHALL.  Je les aurais pris à bord pour autant que la sécurité me le permette ; mais je n’ai vu personne dans l’eau.
     Sénateur SMITH.  Ce matin-là en particulier l’eau était calme ?
     Mr. BOXHALL.  Parfaitement calme.
     Sénateur SMITH.  Et imperturbable, n’est-ce pas ?
     Mr. BOXHALL.  Parfaitement calme.
     Sénateur SMITH.  Donc chaque canot aurait pu atteindre sa pleine capacité ?
     Mr. BOXHALL.  Oh, oui.
     Sénateur SMITH.  En toute sécurité ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Combien de personnes y avait-il dans votre canot ?
     Mr. BOXHALL.  Je l’estime à environ 25, aussi précisément que je peux le dire.
     Sénateur SMITH.  Quelle était sa pleine capacité?
     Mr. BOXHALL.  Je crois entre les 25 et 30 que le canot transportait. Je n’ai pas trouvé exactement combien il y en avait. Je pense que 30 serait le maximum qu’il pouvait transporter.
     Sénateur SMITH.  Vous ne les avez pas comptés ?
     Mr. BOXHALL.  J’ai essayé de les compter.
     Sénateur SMITH.  Mais vous n’avez pas réussi ?
     Mr. BOXHALL.  Il y avait des gens dans le canot qui ne parlaient pas Anglais, qui n’ont pas répondu.
     Sénateur SMITH.  Mais vous pouviez les compter ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne pouvais pas les compter.
     Sénateur SMITH.  Vous ne pouviez pas les voir ou vous ne pouviez pas les faire répondre ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne pouvais pas les faire répondre.
     Sénateur SMITH.  Vous avez essayé de les compter en demandant à chacun –
     Mr. BOXHALL.  De crier son numéro.
     Sénateur SMITH.  Crier son numéro ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur SMITH.  Et vous ne pouviez pas voir suffisamment de vos yeux pour les compter ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur ; je ne pouvais pas. Si ça avait été le cas j’aurais découvert que j’avais plus de gens dans le canot que je le pensais, peut-être.
     Sénateur SMITH.  Combien en aviez-vous ?
     Mr. BOXHALL. Je ne les ai pas comptés.
     Sénateur SMITH.  Mais vous avez trouvé que vous en aviez plus que vous le pensiez ? Comment l’avez-vous déduit ?
     Mr. BOXHALL.  Au vu du temps qu’il m’a fallu pour décharger ce canot dans une eau calme. Ils sortaient de sous les bancs et de partout. C’est comme ça que je l’ai compris.
     Sénateur FLETCHER.  Vous n’étiez pas dans un canot ?
     Mr. BOXHALL.  Dans un petit canot.
     Sénateur FLETCHER.  Pas un canot pliant ?
     Mr. BOXHALL.  Non, monsieur ; pas un canot pliant.
     Sénateur FLETCHER.  Un canot de mer ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.
     Sénateur FLETCHER.  Vous les avez divisés en trois catégories de canots : d’abord les canots qui contiennent 65 personnes ; ensuite les canots de mer qui en contiennent 25 ou 30 ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur FLETCHER.  Et les canots pliants ?
     Mr. BOXHALL.  Oui.
     Sénateur FLETCHER.  Vous n’étiez pas dans un canot ?
     Mr. BOXHALL.  J’étais dans un canot de mer.
     Sénateur NEWLANDS.  Laissez-moi juste vous poser une question. Vous dites que vous ne pouviez pas voir ces icebergs avant l’eau, mais que vous entendiez le bruit de l’eau ?
     Mr. BOXHALL.  Pouvez-vous répéter la question ?
     Sénateur NEWLANDS.  Je vous ai compris disant que vous ne pouviez pas voir ces icebergs avant l’aube, mais que vous avez entendu l’eau qui clapotait contre ces icebergs ?
     Mr. BOXHALL.  Oui, c’est ce que j’ai dit.
     Sénateur NEWLANDS.  C’était une nuit claire, n’est-ce pas ?
     Mr. BOXHALL.  Parfaitement claire ; étoilée. On pouvait presque voir les constellations.
     Sénateur NEWLANDS.  Comment expliquez-vous le fait que vous ne pouviez pas voir les icebergs, si la nuit était si claire ?
     Mr. BOXHALL.  Je ne sais pas. Je ne sais pas ce qui se passait. Je ne pouvais pas comprendre. Bien sûr, le son se propage assez loin sur l’eau, et en étant si près de l’eau, et avec une nuit si calme, on pouvait entendre l’eau clapoter sur ces icebergs a une distance assez longue.
     Sénateur NEWLANDS.  Dans votre expérience de la mer, aviez-vous croisé beaucoup d’icebergs avant ce moment ?
     Mr. BOXHALL.  Oui ; j’en ai croisé un bon paquet, je pense.
     Sénateur NEWLANDS.  Il est toujours difficile de les voir de nuit ?
     Mr. BOXHALL.  Non, pas toujours ; pas toujours. Par une nuit comme ça, même s’il n’y a pas de lune, on peut très, très souvent voir un iceberg grâce à l’eau sur ses côtés ; j’entends, s’il y a une légère brise. Mais quand l’eau est dans un de ces calmes d’huile –
     Sénateur NEWLANDS.  Pouvez-vous parler un peu plus fort ?
     Mr. BOXHALL.  C’était comme une mer d’huile quand le Titanic l’a heurté, et pour un long, long moment après que nous étions dans les canots, et on ne pouvait rien voir du tout alors.
     Sénateur NEWLANDS.  Vous jugez donc de la présence d’icebergs par l’apparence de l’eau autour des icebergs et non par la vue des icebergs eux-mêmes ; c’est cela ?
     Mr. BOXHALL.  Par une telle nuit, oui.
     Sénateur NEWLANDS.  Et quand la mer est si calme il est difficile, donc, de distinguer cette apparence ?
     Mr. BOXHALL.  Oui. Je pense que s’il y avait eu un petit trouble sur l’eau nous aurions eu une très bonne chance de voir cet iceberg à temps pour le rater – à temps pour l’éviter.
     Sénateur SMITH.  Nous allons maintenant ajourner jusqu’à dix heures demain matin, et je désire que vous soyez présent rapidement dans la matinée, Mr. Boxhall, et nous essaierons de hâter votre examen aussi vite que possible.
     Mr. BOXHALL.  Oui, monsieur.

     À 18 h 20 le sous-comité a été ajourné jusqu’à demain, mardi 23 avril 1912, à 10 heures.